| Réalisateur: | Arthur Hiller |
|---|---|
| Année: | 1964 |
| Acteurs: |
James Garner |
| Genres: |
Comédie |
| Excellent | ![]() |
| Très bon | ![]() |
| Bon | ![]() |
| Acceptable | ![]() |
| Moyen | ![]() |
| Pas bon | ![]() |
Critiques affichées: 1 à 2 sur 2 trouvée(s)
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Par LucyInTheSky il y a 3 ans et 8 mois
vu en anglais, version originale
Cette comédie satirique doublée d'un film de guerre violemment antimilitariste fut un échec cuisant à sa sortie en 1964. Pourtant, The Americanization of Emily (titre français stupide powaa) est extrêmement audacieux et pertinent, surtout à l'époque même où les Etats-Unis couraient s'embourber au Viet-Nam dans une guerre interminable. Le film se déroule en 1944 : des officiers de l'armée américaine sont basés en Angleterre dans l'attente du débarquement en Normandie. La chronique de ce milieu est d'une ironie féroce. Mis en scène avec un certain professionnalisme par Arthur Hiller (futur réalisateur du lacrymal Love story), le film souffre peut-être un peu d'un manque de réelle personnalité. On aurait aimer par exemple un Blake Edwards (on pense parfois à Opération Jupons) aux commandes, pour rendre encore plus hilarante cette vision décadente et irrévérencieuse de l'armée américaine. Cependant, reste une œuvre extrêmement efficace, qui se démarque surtout par sa morale très politiquement incorrecte : une éloge vibrante de la lâcheté militaire (tant que l'héroïsme guerrier sera considéré comme une vertu, les guerres continueront avec leurs lots de bêtise et de destruction). Ce réquisitoire remarquablement argumenté est porté avec puissance par James Garner, qui fait merveille dans un rôle de soldat cynique et anticonformiste qui refuse obstinément le culte de la guerre et de ses victimes. À ses côtés, une Julie Andrews (juste après Mary Poppins et juste avant La mélodie du bonheur) sublime, britannique naïve et triste secouée par l'amoralité de son compagnon. Les dialogues amoureux sont d'une rare crudité : les mots tendres sont immédiatement suivis de reproches cinglants voire de méchanceté, les demandes en mariage de violents refus et l'amoureux éconduit traite son amie de "salope". Les deux comédiens sont divins. N'oublions pas non plus le réjouissant numéro de James Coburn en petit salaud rêvant de gloire militaire. Jusque dans ses derniers instants, le film garde sa puissance dénonciatrice et cynique, se refusant à retournement de dernière minute qui le ferait retomber dans la plate moralité. La décision finale des deux personnages est peut-être moralement contestable, mais elle est avant tout libre. Et ça, ça fait du bien. Un film de guerre atypique qui, finalement, n'a rien perdu de sa verve et de son urgence.
| Histoire / Déroulement | Très bon |
|---|---|
| Textes / Dialogues | Excellent |
| Personnages / Intervenants | Très bon |
| Interprétation / Acteurs | Excellent |
| Caméra / Animation | Bon |
| Montage / Rythme | Très bon |
Par Alligator il y a 4 ans et 1 mois
vu en anglais
Longtemps je suis resté sans comprendre ce qui se passait dans ce film, ce que l'on voulait nous dire, l'objet même du film, sa signification profonde. Je voyais bien qu'il s'agissait d'un film moral, du moins où se jouait le sens moral de la guerre, de ses héros, de ses morts et de comment les vivants vivaient ces pertes humaines (en gros, je schématise bien entendu). Mais je n'arrivais donc pas à comprendre le point de vue de l'auteur, s'il y en avait même un.
Le personnage de Madison (Garner) m'était des plus antipathiques et je ne comprenais pas comment Emily (Andrews) pouvait tomber amoureux de ce type, d'autant qu'elle partageait mon ressentiment. Les personnages semblent ancrés littéralement à leur caractère, et parés pour mourir avec leurs principes, leurs moralités, leurs visions catégoriques de la vie... jusqu'à un évènement qu'on attend longtemps, qui se produit enfin et un retournement qui bouleverse tout. Il faut donc attendre le dernier quart d'heure pour que le film donne sa pleine mesure, laisse éclater sa véritable portée. Et que les personnages se révèlent à eux même, donnant au film une fin et une morale touchante.
On est pas obligé d'accepter ce point de vue, c'est juste que c'est par ce biais qu'ils se redécouvrent profondément, qu'ils se disent une vérité, la leur, et que c'est beau. C'est tout con, tout simple, tout joli, et cela suffit.
J'aurais passé la majeure partie du film à l'attendre. Quelque fois on attend en vain. Cette fois, cela valait le coup. Juste pour une scène.
Pointer seulement la dernière scène pour saluer cet étrange film serait pour le moins injuste.
Les comédiens sont excellement dirigés. Mais c'est surtout la performance de Julie Andrews qui fait un trou là où on en a déjà un. Cette actrice est fabuleuse. Au moment où elle apprend une bonne nouvelle, elle parvient en quelques secondes à bouleverser son visage, à faire entrer dans son regard une foule de sentiments, d'émotions et de pensées, de la surprise, de l'amour, du soulagement, du miracle, des larmes, de l'apaisement, un avenir, un ciel qui s'ouvre. C'est d'une beauté extraordinaire, qui emporte le spectateur. Quelques secondes de magie. Une très grande dame.
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