| Réalisateur: | Douglas Sirk |
|---|---|
| Année: | 1954 |
| Acteurs: |
Agnes Moorehead |
| Genres: | Drame |
| Excellent | ![]() |
| Très bon | ![]() |
| Bon | ![]() |
| Acceptable | ![]() |
| Moyen | ![]() |
| Pas bon | ![]() |
Critiques affichées: 1 à 3 sur 3 trouvée(s)
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Par JM2L il y a 2 ans et 5 mois
vu en anglais, version originale
Le secret magnifique de Sirk est d'utiliser un don unique de nous transporter au plus près de nos cœurs battants, des nœuds de l'âme et de ses dilemnes moraux.
Le mélodrame repose sans doute sur un miracle, celui de la transfiguration d'un homme : miracle car nul n'est tenu de changer ou d'être reconnaissant ou d'être honnête, etc...
Sirk est le chirurgien honnête de nos transfigurations... car il en fait un feu d'artifice intime, celui que les aveugles peuvent voir également.
Le génie dramatique du mélodrame demande de reposer sur une période assez longue de la vie des êtres concernés, une période avec des accidents qui en changent le cours. Le génie dramatique de Sirk est dans la manière qu'il a d'en lier et délier toutes les tensions.
Le début du film est à ce titre exemplaire: l'extase et l'ivresse de la vitesse (Written on the wind commence également avec cette note) et de l'insouciance avec la mort, un 'abruti' contre un 'sage'... dilemne moral presque aussi puissant que l'enfant de Dostoievski. Que fait l'homme de cette marche aveugle de la vie qui tue ses meilleurs éléments et laisse en vie les salauds?
La réponse de Sirk est dans cette obsession brûlante, réponse hantée par un docteur ou un poète, par tous ceux qui sont revenus de l'exploration de notre nature avec la vision... ou au moins une vision plus puissante que notre quotidien. Car entre temps ce qui était simplement vue est devenue vision, voici la transfiguration et cette lampe peut éclairer un homme.
Pas de réalisme au sens propre, on frôle même souvent l'invraisemblance (tous ces gens presque parfaits sans problème de loyer ou presque) mais le seul réalisme qui intéresse Sirk est celui du mouvement que prennent nos sentiments face aux événements ou que les événements font naître : une montagne, une fenêtre ouverte sur le monde, un feu de joie, un chalet en sont les signes possibles, tout est sentiment et Sirk en est un des architectes les plus lumineux que le cinéma ait donné.
Par variation il y a 2 ans et 6 mois
vu en anglais
Mais comment Douglas Sirk arrive t'il à être envoutant à ce point?
L'histoire comporte tous les ingrédients pour faire pleurer dans les chaumières mais lui avec élégance et doigté, il parvient à insuffler de la passion.
Du coup, même si ça révèle être assez gonflé que l'histoire prenne des tournures à la limite de la grosse bluette, on acquiesce, on applaudit des deux mains et des deux pieds, que tout se passe comme ça.
Par Alligator il y a 4 ans et 1 mois
vu en anglais
Toujours une forme plus qu'alléchante chez Sirk. Le travail sur les cadres et l'union chromatique, recherchant à combiner les personnages, leurs sentiments, leurs émotions, l'histoire en somme est somptueux.
Je n'en dirais pas autant de la musique beaucoup trop évocatrice, trop marquée par la fresque mystique ou péplumesque et au relents religieux trop évidents. C'est un poil trop appuyé pour moi, surtout vers la fin. Le jeu de Rock Hudson ou bien la mise en scène de Sirk, à cet égard, donne une scène pas loin d'être risible sur la toute fin, lors de l'opération chirurigicale : les atermoiments du personnage fatiguent autant qu'ils font rire. C'est dommage. Jusque là le film emportait par sa forme tout sur son passage. Le mélodrame prenait une si belle ampleur.
Donc, malgré ces scories vers la fin, le film tient bien la route. Certains plans sont à tomber. Et juste pour ceux-là, j'applaudie.
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