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Broken Arrow

alias : Flèche brisée, La
 

Détails IMDB

Tous 8.50/10 (2)

Année : 1950

Ce film est classé dans 0% des Top 10
0/216

Réalisateur : Delmer Daves
Genres : Drame
Romantique
Western
Acteurs : James Stewart
Debra Paget
Jeff Chandler
Basil Ruysdael

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Critiques des usagers

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Critique(s) 1 à 2 sur 2 trouvée(s)

Alligator : 8/10
pour la version vue en anglais
(2009-04-08 : il y a 11 mois)
_______________

D'abord deux éléments sont venus un peu perturber ma lecture du film. Le premier est d'ordre visuel, technique plutôt avec une édition dvd assez médiocre. Dès les premières images, le ciel bleu bave, les pixels s'accrochent, les contours rougissent ici ou là. A un moment donné, une plongée montre un jeune apache titubant sur un sol pierreux, les lignes dessinées rougissent, bleuissent, verdissent au choix, bref la désagréable sensation de voir trouble apparait nettement (wouaf wouaf). On aurait dit un film 3-D, manque de bol, je n'avais pas les lunettes adéquates. On s'y habitue un peu à la longue, mais jamais au coeur du visionnage je n'ai pu apprécier à leur juste valeur les cadrages sublimes qui enferment personnages et paysages. Au contraire, ne pouvant qu'entr'apercevoir la lumineuse beauté il en résulte forcément une certaine frustration. Triste.

L'autre élément perturbateur est la lecture de critiques et avis sur le film et son auteur. Les discours plutôt laudateurs ont fini par susciter en moi une attente démesurée. J'évite au possible de les lire avant d'avoir vu moi même le film et pu former un jugement personnel. Or, ici j'ai connement dérogé à la règle. Mal m'en a à nouveau pris. Décidément, ça ne me réussira jamais. J'avais lu ici ou là que Daves était aussi bon, voire meilleur que Mann, que je ne suis pas loin d'aduler. Aussi l'attente qui s'est formée ne m'a satisfait qu'en partie. Evidemment. Les yeux plus gros que le ventre, l'alligator!

Pendant la plus grande partie du film, hormis quelques scènes superbement écrites, j'ai eu la désagréable sensation que le film se déroulait de manière bien trop ordinaire, hagiographique et linéaire, sans réelle surprise, ni enjeux (c'est fort de cawa avec un sujet pareil!) mais surtout sans une implication des personnages au delà de l'image conventionnelle qu'ils véhiculent plus ou moins. Compliqué. Cela demande une petite explicitation.
Donc, je veux dire par là que les personnages de Jeffords (Stewart) et Cochise (Chandler) m'ont paru d'une intégrité et d'une probité presque surnaturelle et que leur parcours se donnait des airs presque bibliques. Du reste une autre scène avec le militaire chrétien peut appuyer cette idée. Ainsi, ai-je eu un peu l'impression, tant ils étaient des héros extrêmement moraux et intransigeants à cet égard dans leurs comportements, que leurs personnalités manquaient de vérité, de cette force qui naît de l'authenticité, qu'ils étaient plus mûs par une image héroïque sur laquelle le scénario insiste beaucoup trop à mon goût, et non par une nécessité, inscrite dans le corps, quelque chose d'incarné, de vital, d'orienté par l'évidence, ce qu'on peut appeler le bon sens. Seules quelques scènes le montrent très bien, par exemple la confrontation de Stewart avec ses congénères. On voit très bien dans le regard de Stewart que ce fameux bon sens est mis à rude épreuve. Il est tout simplement ahuri devant la bêtise et les amalgames proclamés en vérités indiscutables par les abrutis qu'il a en face de lui. Il est hébêté et dit même : "Que puis-je dire?" Oui, que peut-il dire devant tant de mauvaise foi, d'aveuglement... de connerie tout simplement? La scène de lynchage est superbement filmée dans une sorte de crise paroxystique amenée par tout le discours obtus et mécanique du racisme, également paranoïaque, cette recherche affolée d'un bouc émissaire, d'un traitre, d'un espion. Je pense bien entendu au maccarthysme, même si je ne connais pas la position de Daves là-dessus. Les scénaristes et Daves à plusieurs reprises décrivent parfaitement ces processus d'ostracisme, de l'amalgame qui amène les hommes à se détester de manière irrationnelle, à ne pas pouvoir s'accepter. C'est merveilleusement écrit.

Mis à part ces scènes de confrontation, le film montre un peu trop, peut-être de manière didactique, que les Apaches ne sont pas différents des européens, qu'il y a des cons partout. Se faisant, le film oublie un peu l'incarnation et les enjeux personnels de ses personnages. Voilà j'espère avoir été clair.

Les dernières dix minutes, amenant un évènement considérable, douloureux pour ne pas dire déchirant, finissent d'emporter mon adhésion. Les personnages retrouvent leur place et souffrent encore plus cruellement, dans leur chair et dans leur âme de ce racisme et de cette peur de l'autre. Stewart emporte avec lui les traces de l'affrontement avec la bêtise humaine. Plus de doute, le film s'élève, très haut. La prochaine fois que je verrai ce film, que je trouve très bon, il se peut que je le trouve alors génial.

Je retiens les magnifiques paysages d'Arizona, une énième époustouflante prestation de sieur Jimmy Stewart, le sourire de Debra Paget, les confrontations raison/passion, les bisous au bord de la rivière avec la montagne en témoin, le parti pris de montrer que les bons et méchants n'ont pas de nationalité et qu'il est plus facile de détruire que de bâtir.

LucyInTheSky : 9/10
pour la version originale vue en anglais
(2008-05-10 : il y a 2 ans)
_______________

Le premier, et même seul le seul vrai western pro-indien, un film d’une générosité renversante. Que La flèche brisée soit l’œuvre de Delmer Daves n’a rien d’étonnant. Celui-ci est en effet un fin connaisseur de son sujet, puisqu’il a séjourné à de nombreuses reprises dans des communautés indiennes, acquérant ainsi une connaissance intime des mœurs et de la culture de ces peuples. Beaucoup de lui se retrouve dans le personnage de James Stewart.

Le cinéaste met un point d’honneur à doter son œuvre d’un réalisme et d’une authenticité qui ne le rendent que plus fort. Pas question de faire œuvre d’ethnologue, mais simplement d’ « être honnête vis-à-vis de la vérité ». Par exemple, Daves va jusqu’à prendre soin de faire dire à James Stewart en début de film que la seule entorse qui sera faite à l’histoire est que le indien s’exprimeront en anglais (ce qui, entre parenthèse, permettrait de résoudre le principal problème de bien des films historiques) ! C’est dire le respect infini que le cinéaste porte à l’histoire comme à la communauté indienne, et par là même à l’humanité toute entière.

L’absence totale de manichéisme, ce souci constant de contrebalancer les mérites et les faiblesses de deux peuples en présence (en gros, il y a strictement le même pourcentage de méchants indiens et de méchants blancs) peut paraître d’une naïveté déconcertante, cependant il détonne fortement vis-à-vis des westerns de l’époque qui, pour certains, révoltaient Daves en montrant les Indiens comme des barbares sanguinaires et/ou stupides. Civilisation et barbarie appartiennent en même temps à tous les peuples de la terre. C’est le beau message de ce film qui se démarque aussi par un ton utopiste.

La beauté et la vérité résident pour Daves non seulement dans le respect du réel mais aussi dans l’espérance du possible. La paix instaurée par les deux peuples dans le film n’a jamais eu lieu historiquement mais La flèche brisée fait sentir qu’un espoir réside : celui que l’unité de l’humanité et le respect de ses richesses soient réalisés quelque part, un jour, dans un décor aussi beau que ces grands espaces américains magnifiés ici par la photographie d’Ernest Palmer. Il y a quelque chose d’idyllique, de paradisiaque dans ces scènes d’épanouissement amoureux entre James Stewart et Debra Paget.

Lyrique dans ces séquences pleines d’émotions, la mise en scène se fait violente dans les scènes de combats ou de confrontations parfois cruels. L’interprétation est remarquable. James Stewart, en particulier, impose un personnage de héros presque romantique, intègre, courageux, valeureux digne d’être joué par un Henry Fonda… La flèche brisée est l’un de ses premiers westerns et amorce une longue carrière dans le genre. Jeff Chandler incarne le grand chef indien Cochise, sévère mais juste, et le récit (scénario oscarisé) s’attache à décrire les liens d’amitié qui les unissent, au-delà de leurs différences : leurs douleurs, leurs déceptions, mais aussi leur détermination et leur croyance en l’homme sont les mêmes. Un film en tout point admirable.

Critique(s) 1 à 2 sur 2 trouvée(s)

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