| Réalisateur: | Kenji Mizoguchi |
|---|---|
| Année: | 1956 |
| Acteurs: |
Aiko Mimasu |
| Genres: | Drame |
| Excellent | ![]() |
| Très bon | ![]() |
| Bon | ![]() |
| Acceptable | ![]() |
| Moyen | ![]() |
| Pas bon | ![]() |
Critiques affichées: 1 à 3 sur 3 trouvée(s)
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Par Coriolan il y a 1 ans et 11 mois
vu en japonais
Par JM2L il y a 2 ans et 8 mois
vu en japonais, version originale
Mizoguchi filme le présent et son pessimisme n'en est que plus aigu. A noter qu'après deux films en couleurs, il revient au noir et blanc... (pour des raisons techniques ou artistiques?), d'autant que ma mémoire (encore une fois trompée) avait gardé le souvenir d'un film en couleurs...
Portraits de cinq prostituées, chacune en lutte avec le réel et leurs rêves. De la folie - défaite totale du psychisme - jusqu'à une "réussite" sociale mais à quel prix (exploitation de ses collègues)... en passant par la mutilation volontaire des sentiments, la naïveté d'un rêve trop dorloté, Mizoguchi sans une once de misérabilisme nous invite progressivement à faire connaissance avec cet enfer et en même temps à cette lutte presque majestueuse pour en sortir de chacune d'elles ou se sortir d'un enfer encore pire...
La maison ironiquement appelée Dreamland est un vase clos dont l'ébranlement s'appelle un projet de loi sur la prostitution, sur son éventuel interdiction. Projet qui "réveille" un peu ce monde le temps du film, qui le met en émoi...
Des scènes inoubliables tant par leur mise en scène que par ce dont elles témoignent. (Entre autres : première scène du couple à l'enfant - comment le dialogue brutalement nous introduit dans la blessure profonde...; scènes finales avec la jeune fille)
On pense parfois au ton des premiers Fellini voire Bergman, tant la manière d'aborder le réel est proche, en plus maîtrisé et moins sentimental, sans philosophie ni soleil latin et dont la cruauté se fait sans méchanceté (les arguments du patron sont peut-être recevables également et tous ont peut-être raison, il n'en reste pas moins une société où s'en sortent seuls ceux qui font travailler les autres ou les exploitent... serait-ce la nôtre également?)
Par Alligator il y a 3 ans et 9 mois
vu en japonais
Mon premier Mizoguchi.
Une découverte pas vraiment bouleversante mais bigrement bandante, dotée de grands atouts qui donnent un goût de reviens-y.
Pas de doute, le bonhomme derrière la caméra a du cinéma et son univers, sa manière sèche, austère, simplissime de filmer. Mais ses personnages sont fouillés, puissants, réels. Les actrices ici offrent d'étonnantes et superbes compositions. D'une très grande modernité à mon grand étonnement et surtout à mon encore plus plaisir.
La sècheresse de la caméra, souvent en plan fixe, peu discursive, laissant les personnages bavarder, se mouvoir dans leurs propres discours, leurs propres existences et densités, la mise en scène brut de décoffrage proposent au spectateur un film d'un réalisme saisissant.
Par conséquent on est invité à suivre un témoignage violent de la misère sociale du Japon d'après-guerre. L'étude de moeurs prend position dans un établissement qui héberge des putains aux histoires diverses et aux destins divergeants. Portrait d'une fausse famille et de l'éclatement des véritables. Fractures sociales, sexuelles, culturelles. Exclusion politique et morale. Bref, le film ne manque pas de strates et de points de vue.
A la limite, j'ai peut-être été agacé par la limite du propos : on sait déjà qu'il est dur d'être pauvre. Insiste-t-il?
Mais ce que je retiens, outre la très belle maitrise du jeu des comédiennes c'est d'abord le style, la fluidité des scènes et cette espèce d'atmosphère conciliante entre tous ces êtres différents mais entourés et imbriqués dans un système, une sorte de huis-clos collectif. L'enfer c'est les autres aussi dans la rue de la honte. Une dénonciation existentialiste? Hardi que je suis.
Le monde tel qu'il est présenté par Mizoguchi est d'une rare violence. Les solidarités sont rares voire factices. Et cependant le cinéaste parvient à le former, lui donner une épaisseur, une existence, celle peut-être que l'Etat, le pays veut bien lui donner. Il est question d'hypocrisie à un moment. C'est sans doute bien ce que veut montrer Mizoguchi. Et la flèche atteint son but. Inarrêtable.
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