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Wonderful Town
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Critiques des usagers
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Critique(s) 1 à 2 sur 2 trouvée(s)
pifa : 7/10 pour la version vue en (autre)
(2008-05-18 : il y a 5 mois)_______________
Bravo à LucyintheSky! Après une critique aussi juste et bien écrite on peut difficilement prendre sa plume... |
LucyInTheSky : 8/10 pour la version originale vue en (autre)
(2008-05-08 : il y a 5 mois)_______________
Wonderful town est le premier film du thaïlandais Aditya Assarat, et aussi le premier film de fiction à évoquer le tsunami, cette catastrophe qui arrêta le temps en Asie du Sud à la fin décembre 2004. L’événement n’est cependant jamais explicitement reconstitué ou analysé : les ravages se trouvent aussi et peut-être surtout dans les vies et dans les cœurs des habitants de la petite ville du Sud de la Thaïlande où se déroule l’action. On est d’emblée plongé dans une atmosphère délétère, d’une douleur cotonneuse et sourde qui fascine autant qu’elle rebute. Le film raconte la douce et incertaine histoire d’amour qui naît entre Ton, un architecte venu de la capitale et chargé d’un projet ingrat de reconstruction de bâtiments détruits par le tsunami et Na, timide gérante de l’hôtel où celui-ci réside. Les deux ont eu leur lot de souffrances et de douleurs, et portent une tristesse qui ne sera jamais complètement expliquée. Car Wonderful town est un film qui effleure. Le ton est donné et, comme l’exige le genre, leur histoire se fera à demi-mot, avec une immense pudeur et une retenue rarement brisée. Tout ceci est contemplatif et lent, bien sûr. Mais ce que fait de beau ce Wonderful town, c’est qu’il transcende ce qui est devenu désormais l’apanage d’un certain cinéma asiatique pour n’en retenir que le meilleur, le plus vrai, le plus beau : l’ennui et le poids écrasant d’un décor de mort, la sensualité doucement mélancolique d’une sieste champêtre, la douleur découverte au sein même de l’amour et inversement. Aditya Assarat filme ses deux magnifiques comédiens avec une sublime pudeur, dans des scènes d’une extrême délicatesse, comme lors de ce discret jeu de séduction au milieu des linges tendus. Le récit devient d’une noirceur désespérée dans les toutes dernières minutes, alors même que l’espoir d’une renaissance commençait à se dessiner pour les deux personnages. Bien que cruel et déceptif, ce retournement fait bien sentir son implacable et tragique nécessité. L'histoire est douloureuse durant les grandes catastrophes qui émeuvent le monde entier, mais elle l'est aussi après, quand l'attention s'est détournée, quand il s'agit de revivre, de survivre. Et dans la survie et le désoeuvrement, on trouve parfois la barbarie et la violence. Comme si dans cette « ville merveilleuse », le poids des malheurs récents rendaient caduque toute tentative de s’en libérer. Comme si l’histoire de Ton et Na n’était qu’une éphémère parenthèse enchantée dans un monde détruit et résigné à son malheur. Comme si le bonheur leur était interdit… Dans les mélancoliques derniers plans (la ville se reconstruit, des fillettes jouent, insouciantes), cependant, réside la possible sortie de cette spirale mortifère, comme un espoir que la ville redevienne « merveilleuse » et que le titre du filme perde un peu de sa déchirante ironie. |
Critique(s) 1 à 2 sur 2 trouvée(s)
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