| Réalisateur: | Arnaud Desplechin |
|---|---|
| Année: | 2008 |
| Acteurs: |
Catherine Deneuve |
| Genres: |
Comédie |
Synopsis:
À venir...
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Critiques affichées: 1 à 9 sur 9 trouvée(s)
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Par mab_888 il y a 1 mois et 29 jours
vu en français
Par JM2L il y a 2 ans et 11 mois
vu en français, version originale
Serait-il possible de faire un film totalement à l'envers où, au sortir de la séance, on se retrouve avec plus de nœuds qu'après la présentation de l'intrigue, que le film ne dénoue pas l'intrigue mais se charge de nœuds au fur et à mesure... Parfois on penserait que cette idée a germé dans la tête de Desplechin, à voir également comment il jette les cartes très vite dans une magnifique présentation "chinoise"... c'est une idée bien intrigante, que de sortir d'un film qui ne règle pas les problèmes mais les invente, ou les "réalise" devant nous si l'on peut dire, et très excitante si... elle est pesée et développée à fond. Il faudrait une catharsis sans doute. De quelle ordre? mystère... mais quelques réponses de mise en scène jalonnent le film.
Le romanesque chez Desplechin est toujours aussi intéressant et émouvant souvent, moins lyrique ici que dans Esther Kahn sans doute. Il aime définitivement présenter tout un éventail de personnages.. Y a-t-il un autre cinéaste qui soit capable de s'intéresser à autant de gens en même temps et ce, dans presque tous ses films...
Sans parler de tout un tas de cinéastes qui se sont invités également à ce repas de fêtes.. que ce soit par leur styles, leurs sujets, leur art de la mise en scène...
Il semble qu'il y ait la place pour le cinéaste de s'imposer plus encore par la suite à la table des grands.. justement par ce romanesque peut-être très à lui... mais c'est juste une intuition et les intuitions font de très mauvaises critiques.
(...)
Par Knight il y a 3 ans et 2 mois
vu en français, version originale
Par Zi il y a 3 ans et 2 mois
vu en français
Ça ne prend quelques minutes et on sait sans l’ombre d’un doute que ce film sera puissant, différent et surtout dans une classe à part.
C'est d'une intensité psychologique rare. Un film rempli de symboles. Un peu à l’image des styles musicaux qui appuis le film (jazz, classique/dramatique, classique/baroque, rap), le film ne se prononce que très rarement mais fini par tout rassembler et une faire un style musicale plus beau que tout ce que nous avions connu. L'utilisation de la musique est d'ailleurs fort ingénieuse et va généralement à l'opposé du sens de la scène.
Un scénario étoffé et sans relâchement. Un scénario bâtisseur qui défini distinctement le début en nous laissant par la suite tous les éléments pour reconstruire le casse-tête. "Un conte de Noël" c'est aussi une réalisation prodigieuse de Desplechin, un travail de mise en scène dont on ne verra probablement pas d'égaux cette année.
Le cast est absolument sensationnel avec entre autres Deneuve, Amalric et la ravissante Anne Consigny que j'avais découvert dans Scaphandre et papillon.
Certain le trouve épuisant. Personnellement, je suis sorti aussi épuisé que détendu. Un grand long-métrage philosophique.
Mon film de l’année
Par Mediafilm il y a 3 ans et 2 mois
vu en français
Trois ans après son fascinant ROIS & REINE, Arnaud Desplechin se surpasse avec cet hommage moderne à la famille et aux films d'Ingmar Bergman, FANNY ET ALEXANDRE en tête. Au moyen d’une écriture fine, spirituelle, souvent cruelle, Desplechin érige son histoire, creuse ses personnages. Au tout début du film, ceux-ci apparaissent comme des puits ouverts, impudiques. À la toute fin, ce sont des édifices construits, habités, limpides. Entre ces deux extrémités, UN CONTE DE NOËL raconte trois journées d’amours refoulées et de rancoeurs affichées. Desplechin divise son scénario en chapitres en apparence arbitraires, qui lui permettent, subtilement, de déplacer le point de vue (par des adresses à la caméra), de décaler la perspective, de provoquer le désordre. Tous ces éléments trouvent leur cohérence dans le mouvement continu de sa mise en scène virtuose, marquée par une caméra aux jeux d’iris étudiés, qui ici donne l’impression qu’elle va s’évanouir, là qu’un tableau immobile se met en action. La distribution de haut calibre, parfaite à tous égards, prend un plaisir évident à participer à ce grand moment de cinéma.
source: mediafilm.ca
(tous droits réservés)
Par Jaylefou il y a 3 ans et 2 mois
vu en français
Par pifa il y a 3 ans et 6 mois
vu en français
Que rajouter à la critique fleuve de Lucy in the Sky dont je partage tout à fait le point de vue...
Par variation il y a 3 ans et 7 mois
vu en français
Au départ de "Un conte de Noël", il y a de l'écriture et de l'inspiration et quelle inspiration. Plus on plonge dans ce film-roman, plus on est ennivré, plus on est déconcerté mais plus on aime ça.
On se retrouve désarmé face à cette profusion de non-sentiment. Une famille qui se déteste, des personnages qui passent quelques jours ensemble mais à l'inverse de la plupart des films, ne vont pas progresser. Aucune grandeur à la fin finalement. Juste des gens qui vivent leur vie. Fatiguant, appaisant, éprouvant, doux, tout y passe. Absolument fabuleux, comme dirait l'autre!
Par LucyInTheSky il y a 3 ans et 8 mois
vu en français, version originale
Bon, je mets une note parce qu'on est obligé, mais justement mon problème avec ce film c'est que je ne sais pas encore quoi en penser.
Je ne sais pas si j’ai aimé Un conte de Noël. Conformément au souhait de Desplechin, qui dit ne pas aimer les critiques « oui, mais… » (« Quand j’aime un film, c’est totalement »), je n’ai ici pas l’intention d’en faire une critique mitigée. Simplement une critique perplexe, hésitante et profondément tiraillée. J’ai le sentiment qu’il faut être entier vis-à-vis de ce film incontestablement passionnant et puissant, seulement je ne sais dans quel sens l’être. Tout ce que je peux dire en faveur du dernier Desplechin je sens bien que je pourrais le retourner contre lui, et vice versa. Ce film me pose problème, ce film m’emmerde. J’imagine que l’on peut dire que c’est déjà une qualité en soi.
Dans les Inrocks de la semaine dernière, Serge Kaganski écrit « Comme un repas de Noël, Un conte de Noël offre à boire et à manger, à ressentir et à penser, sans lésiner sur la quantité. On en sort rassasié, comblé. ». La métaphore est bien trouvée, et elle est vraie, mais j’irai même plus loin : comme d’un repas de Noël, on en sort aussi gavé et lessivé. Je n’ai rien vu d’aussi épuisant et éprouvant dans une salle de cinéma depuis Promets-moi de Kusturica (et croyez-moi, ce n’est pas peu dire !). Car le film tente de tout embrasser, et même tout et son contraire : la famille, son poids, sa valeur, l’inquiétante proximité de l’amour et la haine, le poids des blessures passées, l’ombre indélébile de la mort et du deuil… Et il y réussit, c’est vrai, mais sans, me semble-t-il, faire l’exploit de s’éviter le poids immense et accablant de l’œuvre quasi-métaphysique.
Le film donne l’impression d'être refermé sur lui-même, comme s’il n’y avait rien de plus à dire sur lui que ce que lui-même dit, une sorte d’autosuffisance qui est pour moi quelque chose d’assez désagréable : pour reprendre la terminologie barthesienne, je préfère les films « scriptibles » aux films seulement « lisibles ». Ceci n’est qu’une impression, évidemment, sinon je ne serais pas en train de taper ces mots en me demandant s’ils ont bien un sens, mais elle est tenace et désarmante… Un conte de Noël est d’une certaine manière un film sublime, au sens que Kant donne à ce terme : une œuvre écrasante et imposante, d’une puissance signifiante qui confine à l’effroi. Du coup, quelque peu étriquée dans ma position de spectatrice, devant ce film pas vraiment ouvert (même s'il reste accessible et relativement populaire), ce que j’ai ressenti est fabuleux et révoltant à la fois. Et ça explique peut-être mon désarroi total.
Car, c’est évident, comment ne pas tomber baba d’admiration devant ce foisonnement permanent, cette profusion hallucinante, ce tourbillon d’idées et de sentiments ? Comment ne pas crier au génie ? Emporté par cette ampleur phénoménale et hors norme, Un conte de Noël se retrouve dans l’éternelle et problématique position de l’œuvre poétique au sens large : tellement profonde qu’elle pourrait être vide, tellement signifiante qu’elle pourrait ne plus rien vouloir dire, tellement foisonnante qu’elle pourrait se perdre…
« Famille, je vous hais ». Ciment majeur de toute une tradition littéraire comme cinématographique, la famille est le lieu de l’intensité absolue dans les relations humaines, dans l’amour comme dans la haine, thématique que le cinéaste développe avec un grand talent, mais malheureusement sans jamais vraiment dévier de son postulat de départ. Pour ce dandy misanthrope qu’est Desplechin, la famille est un carcan destructeur dans lequel l’amour n’a que peu à faire. C’est un point de vue. Egal à lui-même du début à la fin, Desplechin orchestre avec brio ce jeu de massacre aussi jouissif que déconcertant. Le film mêle très habilement tragédie et comédie, trouvant systématiquement dans l’une ce qui relève de l’autre. Disert sans être verbeux, intelligent sans être fumeux, Un conte de Noël possède tout de même quelque chose de vaguement irréel voire poseur, il évolue dans un monde qui n’existe pas, comme en témoigne le décor improbable de cette maison immense dans laquelle on se perd.
Le problème majeur reste l’absence des personnages à eux-mêmes (voir l’extrait de Nietzsche que Roussillon lit à Anne Consigny : « Chacun est à soi-même le plus lointain ») comme au monde, qui certes les constitue en tant qu’entités dramatiques mais les empêche, à mes yeux en tout cas, d’exister réellement. Des ombres, des fantômes presque, voilà ce que sont les personnages de ce Conte de Noël. Il est presque paradoxal d’écrire ceci à propos d’un film aussi physique, et qui finalement laisse autant de place au verbe qu’à la chair, mais justement, l’âme a déserté le corps de la plupart des membres de la famille. Desplechin a parfaitement le droit d’écrire de tels personnages, mais je déplore pour ma part le manque de contrepoint réel à cette froideur permanente, à cette sécheresse d’autant plus dérangeante que le metteur en scène s’évertue presque en vain à la secouer par l’abondance de ses idées. La liberté superbe du metteur en scène ne déteint malheureusement pas vraiment sur les « objets » (plus que les sujets) qu’il filme.
En effet, les personnages certes entretiennent des relations incroyables, se disent des choses inimaginables, mais ils ne m’en paraissent pas plus libres. Au contraire, à l’étroit dans la haine qui les constitue, ils semblent parfois coincés dans un déterminisme pernicieux. Une sorte de psychanalyse sommaire, comme si on plaquait du mécanique sur de l’humain. Du coup, le regard porté par Desplechin sur ses personnages m’a gêné : avec une sorte de mépris complaisant, en démiurge absolu, il semble s’amuser à les manipuler, comme si le film ne se construisait qu’à l’insu de ses personnages. On peut aimer ça, moi cela m’a semblé quelque peu malsain. La conséquence de ceci est qu’on a du mal à croire à la souffrance des membres de cette famille atypique et aux sentiments qu’ils se portent, et qu’aucune empathie n’a été pour moi possible. De ce désintérêt naît ce triste constat : l’émotion n’affleure vraiment qu’à de rares moments.
Les deux plus beaux personnages sont alors ceux qui justement échappent à cette animosité ambiante : le père pétri d’humanité et de tendresse joué par Jean-Paul Roussillon et la belle-fille plein d’une mélancolie dont elle ne comprend que tardivement la source (sublime Chiara Mastroianni). Ils aèrent le film, lui confèrent la grâce qui lui manque parfois (sans pour autant perdre leur gravité) et sont à l’origine de ses plus belles séquences. Ils restent comme les autres, profondément insondables, mais ils sont infiniment moins systématiques. Eux sont bel et bien vivants. Ceci dit, l’ensemble de la troupe de comédiens est malgré tout absolument formidable, les moments de jeu les plus jubilatoires étant ceux qui existent quelque peu en décalage avec l’oppressante atmosphère générale : par exemple, la haine dite sur le ton de l’amour et de l’humour dans la fameuse confrontation Deneuve/Amalric dans le jardin enneigé.
Des personnages qui n’existent pas vraiment, dans un décor irréel (artificiel ?), ça a aussi quelque chose de beau… Comme un songe. Songe qui permet toutes les extravagances, toutes les audaces ; et Desplechin fait preuve d’une maestria impressionnante dans une mise en scène en perpétuelle réinvention, cherchant à chaque instant de nouvelles formes et de nouvelles idées. Là-dessus, il n’y a rien à dire sinon à admirer le talent infini de Desplechin à saisir à chaque instant le bon ton, la bonne distance pour filmer admirablement l’affrontement incessant et la haine érigée en mode de relation. Là encore on regrette que cette liberté ne soit pas celle des personnages. Finalement, si ces derniers ne restent que des ombres, c’est peut-être justement pour permettre au metteur en scène de se jouer d’eux avec un talent proche de l’insolence. Un rêve de cinéaste ?
Le superbe final prononcé par Anne Consigny et emprunté au monologue de Puck dans le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare (« If we shadows have offended / Think but this, and all is mended / That you have but slumber'd here / While these visions did appear ») résume bien ce sentiment et Desplechin semble assumer au final l’outrance et l’absence de réalisme (le surréalisme, presque) de son drame : c’est du théâtre, les mecs ! Ah ben oui, j’aurais dû y penser… De ce point de vue là, le film est plutôt cohérent.
« J’adore les films sur lesquels je change d’avis tout le temps », dit Desplechin. Dans ce cas, c’est clair, j’adore Un conte de Noël. Je pense que je vais retourner le voir...
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