| Réalisateur: | Elia Kazan |
|---|---|
| Année: | 1963 |
| Acteurs: |
Frank Wolff |
| Genres: | Drame |
| Excellent | ![]() |
| Très bon | ![]() |
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| Pas bon | ![]() |
Critiques affichées: 1 à 2 sur 2 trouvée(s)
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Par variation il y a 11 mois et 1 semaines
vu en anglais
Un regard sur le rêve américain, les classes sociales. Photographie époustouflante.
Par LucyInTheSky il y a 3 ans et 2 mois
vu en anglais, version originale
Saga à gros budget d'inspiration quasi autobiographique, longue fresque socio-politique autant que personnelle, America, America fut un échec à sa sortie. Pourtant il s'agit d'une épopée intense et mouvementée qui sonde avec une grande justesse les espoirs et les désillusions liés à l'émigration. Avec la fièvre qui caractérise sa mise en scène, Elia Kazan dresse en effet le portait très contrasté d'un jeune idéaliste « Grec de sang et Turc de naissance» en route vers l'eldorado américain.
Le titre reflète le paradoxe qui sous-tend l'œuvre : un hymne à l'Amérique, mais à l'Amérique rêvée, car on ne voit la voit finalement que très peu. Ainsi seules les toutes dernières minutes (sur 2h50 de film) se déroulent sur le sol états-unien. Le reste est le récit mouvementé d'un voyage semé d'embûches caractérisé par un fol espoir en une vie meilleure. Le cinéaste - lui-même fils d'immigré turc comme il l'annonce dans le générique sonore du début - fait montre de son amour de l'Amérique et de ce qu'elle représente (la possibilité de repartir à zéro) mais ne se prive pas pour autant de mettre à mal cet amour, à travers une une vision particulièrement désenchantée du monde et des rapports humains : sur son chemin, le héros ne croise que peu de gens qui ne soient pas cruels ou cupides.
« L'Amérique, l'Amérique » est l'horizon qui donne leur sens aux actions de Stavros (fascinant Stathis Giallelis), personnage attachant mais non idéalisé, accroché parfois au delà de toute considération pour autrui à son rêve. Le paradigme qui porte le personnage, et le film, et justifie leur existence à tous deux est ce refus obstiné de voir s'éteindre la flamme du désir, de renoncer à la possibilité d'une vie qui ne soit pas que résignation et petitesse. Ce choix primitif du personnage est à l'origine de péripéties bouleversantes – les scènes avec la magnifique Linda Walsh dans le rôle de la femme de Stavros sont à ce titre parmi les meilleurs du film.
America, America est porté par un véritable souffle de passion, de désir et de douleur. On en ressort presque avec l'impression d'avoir vu un long-métrage en Technicolor tellement les décors envoûtants de la Grèce et de la Turquie, remarquablement utilisés, prennent vie sous nos yeux. Dans la lignée de l'ensemble de son œuvre, Kazan filme ici, avec l'intensité qui lui est propre, la violence déchirante du désir et la quête acharnée d'un ailleurs aux allures de mirage.
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