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Man Hunt

Alias: Chasse à l'homme

Synopsis:

À venir...

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Très bon1 cotes (25,0%)
Bon1 cotes (25,0%)
Acceptable1 cotes (25,0%)
Moyen1 cotes (25,0%)
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Cotes et critiques

Critiques affichées: 1 à 4 sur 4 trouvée(s)

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5.5
16 mai
2011

Par Alligator il y a 8 mois et 4 semaines
vu en anglais
Terrible déception! J'ai osé lire ici et là que Man Hunt constituait le meilleur film de propagande de Lang et même une réussite générale avec un suspense jamais démenti et patati et patata et patatras!

J'ai eu la nette impression de voir un film d'Hitchcock raté, sans son art du rythme et de l'équilibre. On voit bien que Fritz Lang essaie de grimper ses 39 marches mais que dès la 7e ou 8e il est déjà trop essoufflé.

La relation entre Walter Pidgeon et Joan Bennet est à deux doigts d'être émouvante. Peut-être que le jeu un peu trop appuyé de l'actrice quand elle pleurniche finit par donner une teinte trop caricaturale à son personnage. Sûrement que la caméra insiste trop sur la jeune femme et ne visite pas suffisamment le visage du bonhomme. Comme si Walter Pidgeon était absent pour qu'il y ait réellement une histoire d'amour entre eux.

Oui, le film attaque le nazisme dans un pays qui n'est pas encore en guerre. Oui, Fritz Lang assume un trait volontiers agressif, une forme d'activisme propagandiste qui se renforce avec le dernier chapitre du film. Je ne crois pas que ce soit cette caractéristique, tout à fait légitime, qui me gêne. Elle n'est pas trop simpliste, décrivant une réalité bien moins glauque même que ce dont on pouvait s'imaginer de l'autre côté de l'Atlantique. La barbarie nazie est pourtant montrée du doigt avec un personnage assez fourbe et fou pour qu'on puisse dire de George Sanders qu'il l'incarne avec persuasion.

Ce qui me gêne doit plutôt provenir du manque de liant général et peut-être également d'une sorte de lassitude devant les films de propagande anglais et américains de cette époque. Là on est plus face à un problème tout personnel. Ceux d'Hitchcock, ceux de Powell et Pressburger, ceux de Lang et de beaucoup d'autres, la liste s'allonge et forme un ensemble de films qui, parce que j'en regarde de manière excessive, finissent par un peu trop se ressembler.

Fritz Lang a-t-il voulu donner à son "Man hunt" un ton moraliste ou philosophique comme pourrait le laisser supposer une des dernières scènes, celle de la grotte où Walter Pidgeon s'est enfermé au terme d'une course poursuite qui n'a cessé de le priver de ses marges de manœuvre? Malheureusement, cette réflexion somme toute métaphysique sur le bien fondé d'une dichotomie entre bien et mal arrive un peu tard à mon sens. J'ai bien aimé cette séquence, cette situation qui finalise de façon tout à fait logique le parcours de chasseur "chassé", mais je me suis mis à bailler bien avant cela.

La première partie du film présente des personnages et une problématique générale de manière peu efficace, presque banale. En tout cas pas si originale que je l'aurais espéré. La partie allemande m'a ennuyé.

Celle du bateau tout autant. Le personnage énigmatique du sac d'os Carradine m'impressionne guère. Roddy McDowall a l'excuse de l'enfance, mais il joue comme un pied, agitant langue et yeux pour exagérer chaque expression. Le suspense ne décolle pas vraiment.

D'autant plus que le timing ou la place de la caméra par rapport à l'action m'a semblé ne pas faire preuve de l'acuité et du savoir faire d'un Hitchcock. La comparaison s'avère cruelle. Alors on attend d'avoir peur. En vain.

Une fois à Londres, j'ai cru que les brumes de la Tamise, les plans en plongée des ruelles sombres de la ville allaient intensifier tout cela. Quand la pègre se met en chasse, sous les ordres des allemands, on pense à l'intelligent usage de l'espace et de la foule de "M", mais en aucun cas cela n'aboutit ici à produire la même tension dramatique.

Les rares incursions dans la comédie de mœurs confrontant la haute aristocratie londonienne et la plèbe vulgaire et simple prête au mieux à sourire grâce à l'enthousiasme de Joan Bennet mais cela s'arrête là. Pas de grande portée. Reste un goût d'inachevé, surtout d'artifice, comme un passage obligé.

Alors bien entendu, il s'agit d'un film de Fritz Lang. Certains plans sont très bien construits. Quelques scènes offrent de très beaux cadrages et une photographie bien travaillée. Mais elles sont rares, surtout par rapport aux autres œuvres du maitre. La toute première scène, ce travelling avançant dans la forêt, on s'attend presque à voir le dragon des Nibelungen, puis un fondu enchainé passe à un travelling latéral au ras du sol suivant les pas d'un homme vers la droite et l'image débouche sur Walter Pidgeon à l'affût près à abattre Hitler. Quelle entrée en matière!
Le travail sur le découpage des personnages dans les ombres est parfois excellent mais au final c'est la frustration de ne pas en avoir eu plus qui prédomine chez moi. Enfant gâté. Y a des tartes qui se perdent! La scène du métro par exemple, est très décevante. Je m'attendais au grand frisson, à un plus gros travail sur les cadrages et les jeux d'ombres et lumières, sans parler de la durée beaucoup trop rapide.

J'en suis presque triste. Étrange. Ce n'est pas la première fois que je suis déçu par un film de Lang. Ce cinéaste m'aura fait passer par tant d'émotions, de hautes et des basses! Peut-être me faudra-t-il retenter ma chance sur ce film là, ça en vaut sûrement la peine. Lang est un type déroutant mais dont la complexité ne cesse de me fasciner.

8
14 fév
2011

Par LucyInTheSky il y a 11 mois et 4 semaines
vu en anglais, version originale
Dans la première séquence entièrement muette, de ce sixième film américain de Fritz Lang, un homme chasse dans un bois. Il se couche, met son fusil en joue, et vise. Et là, image stupéfiante : c'est Hitler qui est dans son viseur. L'homme appuie sur la gâchette, mais le fusil est vide. Scène d'une incroyable puissance où le spectateur entrevoit assez vivement la possibilité d'une bifurcation de l'Histoire. Elle résume l'audace et la portée de Chasse à l'homme, film sorti en 1941, à une époque que les États-Unis sont encore officiellement neutres dans la guerre qui fait rage.

Accusé de tentative d'assassinat sur la personne de Führer, le personnage central Alan Thorndike (Walter Pidgeon), gentleman libre-penseur, parvient à fuir jusqu'à son pays l'Angleterre mais y est traqué par la police allemande. Il est contraint de se cacher dans le petit appartement d'une jeune femme originale et charmante, Jerry (Joan Bennett). C'est donc, comme le titre du film l'indique, une véritable chasse à l'homme à laquelle nous assistons, où le héros cherche le moyen d'échapper à deux officiers SS particulièrement coriaces et retors. Hitchcock disait que « plus le méchant est réussi, plus le film l'est » : dans Man hunt, ce sont deux méchants absolument fascinants que Fritz Lang met en scène. Un « homme en noir » mutique et terrifiant campé par John Carradine ; et George Sanders en officier cultivé et cynique, dont les débats avec le héros forment le ciment « moraliste » du film.

L'intrigue est un modèle du genre, avec un suspense constant qui ne sacrifie pas l'émotion et la réflexion. Lang est tellement à l'aise qu'il s'aménage plusieurs moments consacrés à la romance, et même des scènes de comédie, à l'intérieur de ce qui est tout à la fois un film noir, un thriller, un film de guerre et même d'aventure. Rien dans le déroulement du film n'est convenu, pas même le passage obligé de l'histoire d'amour, ici traité sur un mode déceptif et ironique particulièrement surprenant. Ni même la morale humaniste du film : sa dénonciation virulente du régime d'Hitler est étonnante et émouvante, étant donné le contexte et l'histoire personnelle de Fritz Lang. Man hunt est une méditation éthique sur le mal et sur la responsabilité, qui culmine dans l'incroyable scène de la grotte où le héros, acculé, n'a plus que la parole comme arme contre le prédateur nazi qui le retient prisonnier. Un film d'une maîtrise et d'une intelligence rares.

6
4 avr
2010

Par variation il y a 1 ans et 10 mois
vu en anglais
Un film de propagande anti-nazi inégal. Si la première partie est soutenue, la deuxième, se passant à Londres, devient plus laborieuse. La partie de cache-cache devient interminable et sans cette ambiance expressionniste, on serait vite lassé.

7.5
6 jui
2009

Par NicoMyers il y a 2 ans et 7 mois
vu en anglais
Un film de propagande intelligent, à l’instar du courageux Dictateur de Charlie Chaplin sorti l’année précédente. Car, bien que le film se termine par une scène tout droit sortie d’une publicité pour l'armée de l'air ou la Navy, tout le reste passe du film noir au film d’aventure, parsemé de scènes de comédie ou de romance (certes un peu maladroites, pas toujours convaincantes). Le film prend même pendant quelques minutes des allures de thriller hitchcockien dans le style 39 marches, avec son schéma typique de l’homme poursuivit à la fois par les méchants et par la police – une comparaison assez fréquente entre les deux maîtres, mais il est difficile de dire quelle est la part d’influence qu’à eut l’un sur l’autre, ou vice versa. De toute façon, cette situation ne dure que quelques scènes et n’est pas longuement approfondie comme aimerait à le faire Hitchcock. Un mélange des genres, certes, transcende Chasse à l’homme, mais ce n’est pas pour autant qu’il est fourre-tout ; au contraire, cela apporte à l’œuvre une grande richesse, des rebondissements à foison et imprévisibles, qui le rendent haletant et passionnant. Et la mise en scène de Lang, du pur génie, achève le tout et en fait un bel ouvrage. Et ce dès les premiers plans : une forêt allemande, dans la brume, « shortly before the war »… Autre apogée, la scène du métro. Néanmoins, la musique du film (d'Alfred Newman) est largement trop apuyée, surtout lors des scènes de romances décrédibilisées par la musique sirupeuse et trop présente, faisant perdre ainsi son impact au film.

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