| Réalisateur: | Jacques Rozier |
|---|---|
| Année: | 1973 |
| Acteurs: |
Bernard Menez |
| Genres: |
Comédie |
Synopsis:
À venir...
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Par JM2L il y a 2 ans et 10 mois
vu en français, version originale
15h, septembre, bord de mer. Gilbert, Kareen, Caroline et Joëlle s'avancent vers Patrick qui les attend pour un tour en mer sur son 4m. Il faudra se séparer, tout le monde ne pourra pas tenir sur le bateau dans cet espace réduit (et puis il faudra le caméraman, au risque de perdre la caméra).
Ils font rouler le bateau sur la plage, travelling latéral sur le sable, poussés par le vent déjà et emportés par l'élan et le poids. Il y a Kareen qui décide de ne pas y aller (le scénario donnera suite à cette décision...), elle veut lire et prendre un bain de soleil et il y a Joëlle, amoureuse de ce marin de plage, embarquée donc et Caroline qui va l'accompagner.
Gilbert devra aller de son côté, Kareen lui signifie qu'elle veut être seule mais en attendant il ramène Kareen telle une figure de proue vers le sable sec en la poussant sur le chariot du bateau, accédant une énième fois aux caprices des filles. Les deux autres filles ont embarqué pendant ce temps, on voit le bateau dans le dos des deux autres qui s'éloignent déjà vers le large.
Une caméra est embarquée, l'autre laissée sur la plage avec Kareen. Pas de "triche" à ce niveau-là. Le dispositif léger de Rozier va permettre de tourner en 'temps réel' ou presque, de tourner plutôt avec le temps et non contre.
Le groupe séparé, le montage parallèle renaît, 'réel'.
Vagues, bateau, cris des deux jeunes filles à chaque virement de bord ou position de rappel, à chaque vague éclaboussante. Dunes, serviette sur le sable, Kareen, de dos (autrement dit, non pas son visage mais ses rêves, son repos, etc...), allongée sur sa serviette, silence. Se passera de la crème, lira peut-être, ou simplement profitera de
l'après-midi qui avance.
Le montage parallèle "griffithien", qui aspire vers l'intérieur chacun par la peur ou la tension est chez Rozier remplacé par une expiration vers le monde extérieur; là où Griffith nous "aveugle" par la passion, Rozier nous rend disponible, nous redonne à la respiration du temps, à nos souvenirs et à la palpitation de la lumière : ...
Le bateau à nouveau. L'allure du bateau s'est calmée, plus de virements de bord. La peur de chavirer s'en est allée avec le soir. La lumière est là palpable, le temps et la jeunesse qui passe à petites gorgées. Le soir maintenant, Kareen se lève.
Dans le bateau, tout porte, tout vogue sur le couchant. L'allure est tranquille, celle de la contemplation et du retour à terre. Kareen va vers le bord à nouveau; le bateau encore en mer est dans le cadre à nouveau avec elle. "Ohé!" Le montage parallèle est terminé, l'espace et le temps retrouvés.
"Ohé!"
Simple comme bonjour! comme bonsoir! Bouleversant.
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© 2011 Denis Lafrenière | Tous droits réservés.
