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Bellamy

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Cotes et critiques

Critiques affichées: 1 à 5 sur 5 trouvée(s)

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7.5
15 aoû
2009

Par Vince il y a 2 ans et 5 mois
vu en français, version originale
Un vrai petit délice anachronique bien que le genre ne vieillit jamais, le style du réalisateur semble effectivement appartenir à une autre époque. Est-ce négatif ? Bien au contraire, j'aime toujours autant quand la caméra s'avance en travelling pour aller cadrer les personnages, ça me rappel Bunuel, Hitch... et biensûr Chabrol ! L'utilisation d'acteurs déguisés jouant plusieurs rôles a aussi quelque chose de démodé, voir d'artificiel, mais que j'aime bien.

Sans avoir beaucoup de suspence, le résultat final m'a tout de même charmé. Les dialogues sont savoureux comme dans les meilleurs films français. Plus le récit avance, plus on s'enfonce dans des questionnements aux niveaux des intrigues secondaires qui, en bout de ligne, ne sont pas complètement répondus.

Depardieu semble envoûté par son personnage plus que le contraire ce qui est, à mon avis, assez rare et très positif pour le film. Il y a volontairement un manque de subtilité dans le scénario qui m'a parfois agacé, mais parfois joyeusement dérouté.

Ce n'est pas un grand film, ça peut sembler tiré par les cheveux, mais il reste que Bellamy est un petit bijoux de plus sur la couronne d'un réalisateur qui en compte déjà pas mal!

7
31 jui
2009

Par Mediafilm il y a 2 ans et 6 mois
vu en français
Bellamy marque la rencontre longtemps espérée de deux légendes françaises: Claude Chabrol (LA CÉRÉMONIE) et Gérard Depardieu (CYRANO DE BERGERAC). Les deux sont en forme, comme en témoigne ce polar à la Simenon, dans lequel on retrouve tous les motifs chers au cinéaste (meurtre, arnaque, hypocrisie provinciale, etc.) et rien des tics de l'acteur, ici habité et jouant en creux une partition plus complexe qu'il n'y paraît. Cela dit, le scénario que Chabrol a écrit avec Odile Barski (VIOLETTE NOZIÈRE, AU COEUR DU MENSONGE) n'est pas sans défaut: les enjeux entourant la relation fraternelle manquent de clarté et n'ont pas la même force dans le récit que l'enquête, très stimulante, qui se déroule en parallèle. La mise en scène élégante et souple, ainsi que la musique «sardienne» de Matthieu Chabrol, font de BELLAMY une oeuvre intemporelle sinon anachronique, toujours captivante néanmoins, grâce entre autres à ses nombreux traits d'humour féroce, et au jeu vigoureux de l'ensemble de la distribution, Depardieu et la trop rare Marie Bunel en tête.

source: mediafilm.ca
(tous droits réservés)

4
14 mar
2009

Par variation il y a 2 ans et 10 mois
vu en français
Les enquêtes du comissaire Bellamy interprété par un Depardieu balourd, soufflant au moindre geste. Un parfait empoté mais qui par on ne sait quel miracle se trouve être le meilleur de son espèce.
Nouvelle incursion chez les bourgeois. Leurs bobos, leurs vices... On arriverait même à s'intéresser à leurs pets!
Bref, j'ai trouvé ça royalement chiant. J'avais l'impression de voir Chabrol se regarder le nombril.
De plus, on a vite fait le tour de l'intrigue (je l'accorde l'intérêt n'est pas forcément là).
Un film sans grand remous, prétentieux et légèrement vieillot.

8.5
23 fév
2009

Par LucyInTheSky il y a 2 ans et 11 mois
vu en français, version originale
Pas forcément fan des derniers Chabrol (L’ivresse du pouvoir, La fille coupée en deux), j’avoue d’emblée que j’ai été totalement enchantée par Bellamy. Le réalisateur octogénaire s’est inspiré d’un fait divers réel pour l’écrire. Celui d’un homme qui se fait passer pour mort et se fait refaire le visage pour toucher l’assurance vie et convoler en vie clandestine avec sa maîtresse. Au final, un polar complètement dingue, fascinant, impressionnant et tranquille à la fois. Et la rencontre au sommet (la première), qui ne déçoit pas, entre un grand cinéaste et un grand acteur.

Chabrol s’intéresse toujours aux mêmes types de personnages : les bourgeois provinciaux. Mais ici, ils prennent tous une dimension de mystère et de profondeur qui ne s’effacent à aucun moment. Derrière sa trame de polar aux apparences classiques, le dernier Chabrol se révèle complètement barjo, inventif, stimulant pour l’esprit et les sens. Bellamy se déroule dans les villes de Nîmes et de Sète et se place donc logiquement sous le patronage bienveillant d’une des grandes personnalités du coin : Georges Brassens, cité à maintes reprises - il est d’ailleurs dédié « aux deux Georges », Simenon et Brassens. Il n’en fallait pas plus pour commencer de me séduire. Une sorte de Maigret remixé par la poésie cynique et charnelle de Brassens, voilà le fascinant personnage central de ce film qui porte son nom. Paul Bellamy, donc, est un commissaire de police revenu de tout, bon vivant, toujours amoureux de sa femme, et toujours poursuivi par un frère qui a mal tourné.

Fort sympathique, ce protagoniste sera notre guide à travers une intrigue à la fois cruelle et légère. Comme dans beaucoup de polars, ce n’est pas en elle que réside le centre de gravité du récit, mais elle lui apporte une étrangeté qui fait tout le prix de ce très beau film. Ce côté pittoresque passe aussi par les dialogues remarquables d’humour, de finesse et de profondeur. Les confrontations entre Gamblin et Depardieu, le marivaudage de Depardieu et Marie Bunel, l’humour de certains personnages et le désespoir de certains autres… Tout ceci est véritablement brillant et témoigne de la liberté totale de ce film hors du commun.

Parmi les premières réactions, j’ai déjà pu lire le terme « téléfilm » pour décrire ce Bellamy. Je m’insurge d’avance. Je lis souvent ce genre d’accusation, lié généralement à des films à la mise en scène discrète, limpide. C’est être assez limité que de croire que la mise en scène est l’art du montage tordu et des mouvements de caméra bien voyants. Au contraire, il est bien plus difficile de réaliser un film impressionnant avec le souci perpétuel de la simplicité (apparente bien sûr, car Bellamy est d’une complexité et d’une précision de tous les instants) et de laisser respirer au maximum les comédiens, leurs corps et leurs mots. C’est ce que fait Chabrol qui maîtrise complètement la façon de placer les acteurs dans le cadre, les décors très étudiés, les lumières sur les corps et les visages…

De la douce atmosphère d’ennui provincial qui règne sur son film, Chabrol fait émerger par petites touches des digressions tour à tour incongrues et inquiétantes : un avocat déluré qui plaide en chanson, un frère alcoolique quelque peu gênant, un type au visage refait… Bellamy n’est pas vraiment un film moderne au sens où le décor est classique, assez rural, dénué de sophistication, intemporel en fait. Mais certaines de ses thématiques sont au cœur de questionnements très actuels : la chirurgie esthétique, par exemple, c’est-à-dire la question du visage, de la vie et de l’humanité qu’il véhicule et de ce qu’il en reste une fois modifié (on pense récemment aux visages numériquement refaits des témoins de Z32, docu israëlien, à la tronche totalement irréelle de Mickey Rourke dans The Wrestler, aux prouesses numériques qui donnent à Brad Pitt tous les âges de la vie dans Benjamin Button…).

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de la richesse thématique de Bellamy. Voilà un type, Chabrol, qui sait révéler la vérité profonde d’une intrigue apparemment conventionnelle, de décors apparemment sans vie, de personnages apparemment sans surprise. Voilà aussi un type qui sait diriger ses acteurs. Tous sont impressionnants, et tout à fait surprenants : Gamblin avec son visage figé et sa voix sans cesse dans un aigu enfantin, Cornillac qui est meilleur de film en film, la très belle Vahina Gioccante, Adrienne Pauly, voix rauque et malicieuse, une révélation ; et Marie Bunel qui donne admirablement la réplique au monstre du film, Depardieu, pour la première fois devant la caméra de Chabrol.

Pour finir avec le meilleur, donc : il est on ne peut plus heureux de retrouver enfin le bon Gégé dans un rôle à sa (dé)mesure car le monsieur a beau enchaîné les films (principalement mauvais), on a sans cesse l’impression qu’il fait son grand retour, chaque fois qu’il joue avec un metteur en scène digne de ce nom. Je ne sais plus où j’ai lu récemment que Depardieu était un Stradivarius : seuls les virtuoses savent le faire jouer. C’est totalement vrai car ici Chabrol joue de l’énormité de l’acteur (au sens propre comme au figuré : ce monstre de cinéma envahit littéralement l’écran) avec génie. En même temps, Depardieu malgré son charisme ne monopolise pas sans cesse l'attention et sait aussi jouer avec ses partenaires. Malicieux, tourmenté, imposant, surprenant, Depardieu est magistral dans un film qui ne l’est pas moins.

8.5
23 fév
2009

Par NicoMyers il y a 2 ans et 11 mois
vu en français
Le dernier Claude Chabrol est un perle, et comme on s'en doutait, littéralement transcendé par la présence de Depardieu. Depuis longtemps on ne l'avait vu aussi fort à l'écran, aussi proche de nous ; en fail il "est" nous pendant 1h50. Ses partenaires de jeu - Vahina Glocante, Gamblin, Cornillac, Marie Bunel - sont eux aussi à la hauteur, mais c'est vraiment Depardieu le centre du film, la voix du film, le film lui-même. Il joue à la perfection et les dialogues de Chabrol, pas toujours évidents à jouer il est vrai, sortent on ne peux plus justes de sa bouche et font mouche. Chabrol aussi atteint des sommets, sa mise en scène participe à faire de Bellamy un de ses films les plus aboutit. Sublimes scènes que le flash-back du cours de danse ou l'accident de voiture. Il joue le jeu des faux-semblants et des apparences. Certes, le sujet du film semble être celui de l'ambition des petits bourgeois de province (Bel-Ami) et surtout jusqu'à quelle absurdité (le meurtre) celle-ci peut mener. Mais avec ce personnage de détective finalement très humain, Chabrol semble vouloir exprimer notre désir de voir le dessous des faits, ce qui se cache derrière toute chose. Dès le début, un homme inconnu va sur une tombe en sifflotant un air de Brassens. Qui est-il ? Nous n'avons pas le temps de le savoir car la caméra s'éloigne et le générique s'impose. Puis, tout au long du film, le commissaire Bellamy est un peu perdu et nous avec, et même quand il pense s'être approché un maximum de la vérité il reste perplexe : s'est-il fait rouler dans la farine ? Le mystère, l'énigme, reste jusqu'aux derniers plans, à une citation finale sur les apparences, à un dénouement qui remet tout en question : nous aussi, spectateurs, nous serions-nous fait rouler dans la farine ? Coup de théâtre magistral mais subtil pour un Chabrol subtil et magistral.

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