| Réalisateur: | Michael Haneke |
|---|---|
| Année: | 2009 |
| Acteurs: |
Susanne Lothar |
| Genres: | Drame |
Synopsis:
À venir...
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Critiques affichées: 1 à 12 sur 13 trouvée(s)
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Par Raging Bull il y a 1 ans et 5 mois
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Par persanmoqueur il y a 1 ans et 8 mois
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Par mordicus23 il y a 1 ans et 10 mois
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Par myriam2 il y a 1 ans et 11 mois
vu en allemand, version originale
Un drame-documentaire de Michael Haneke, évoqué par un narrateur privilégié, en la personne de l'instituteur du village allemand des années 1910 qui se pose plus comme un protestant libéral face à une communauté plus fanatique et plus cruelle pour sa propre jeunesse. Ce film, en noir et blanc, semble établir les prémisses des futures années du nazisme
Par Jaylefou il y a 1 ans et 11 mois
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Par Vince il y a 2 ans et 0 mois
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Michael Haneke fait parti de ces cinéastes qui se sont construit un style propre à eux et qui est facilement reconnaissable. Il a fait certain films qui pensent le cinéma tel Funny Games ou Caché, mais d’autres plus «littéraires» comme La pianiste ou Le temps du loup. Sa dernière œuvre, Le ruban blanc s’inscrit plus dans la dernière catégorie.
Il est vrai que le visuel rappel les films de Bergman et Dreyer et c’était probablement l’intention d’Haneke puisqu’il y a eu plusieurs traitements de l’image en post-production (noir et blanc, retouche numérique, etc.). En tant qu’ancien professeur de cinéma, ces références ne sont pas accidentelles. D’ailleurs, il y a de pires inspirations que Bergman et Dreyer… Cela dit, l’empreinte d’Haneke est partout : plans séquences d’une ingéniosité (malgré l’apparence de simplicité) admirable, jeu froid et subtil des comédiens (les enfants sont étonnamment aussi bons que les adultes) , mise en scène découpée au scalpel, violence psychologique et physique, etc. L’intrigue comporte son lot de surprises et comme à l’habitude soulève plusieurs questionnements. On laisse beaucoup de place à l’intelligence du spectateur pour se faire sa propre conclusion et peut-être même trouver des réponses. Il faut chercher ailleurs de la diégèse, chercher en dehors du film, chercher dans l’Histoire avec un grand H, même si l’auteur-réalisateur sème plusieurs pistes plutôt suggestives.
Le scénario est brillant, riche. On connait juste assez les personnages pour s’en faire une bonne idée, savoir où on s’en va avec eux. Tout semble plausible, du moins j’y ai cru, aucune fausse note. Haneke a tissé méticuleusement sa toile. Le spectacle est à la fois terrifiant et fascinant.
Le ruban blanc est un véritable tour de force.
Par mab_888 il y a 2 ans et 0 mois
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Par Mediafilm il y a 2 ans et 0 mois
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Si la facture du RUBAN BLANC évoque Dreyer et Bergman (noir et blanc soigné mais austère, cadre luthérien rigide et sans joie), son scénario est bel et bien marqué du sceau de son auteur Michael Haneke. En effet, le réalisateur autrichien de FUNNY GAMES et CACHÉ y poursuit son exploration de la noirceur de l'âme humaine, à travers une fable puissante et d'une redoutable perversité sur les racines du Mal et les germes du nazisme. Dense et très riche, le récit, aux accents romanesques inhabituels chez Haneke, traite avec une étonnante fluidité de la vengeance, de la culpabilité, de l'expiation, des devoirs religieux, de la mort, des fossés entre classes sociales, etc. Remarquablement précise et rigoureuse, la mise en scène s'enrichit d'un montage d'une rare intelligence, lequel crée aux moments les plus inattendus des effets de miroir déstabilisants ou des associations d'idées tordues. Le tout se concluant sur une fin ouverte chère à Haneke, qui suscitera une fois de plus de vives discussions. Tous les interprètes, tant les enfants que les adultes, offrent des prestations nuancées et bouleversantes, qui forcent l'admiration.
source: mediafilm.ca
(tous droits réservés)
Par pifa il y a 2 ans et 2 mois
vu en allemand
Un film somptueux et d'une rigueur implacable. Comme toujours, l'analyse faite par Lucy in the Sky est très juste; aucun des personnages n'a en effet de quoi suciter un quelconque désir d'identification, ils sont tous méprisables, froids et neutres dans le meilleur des cas. C'est voulu et probablement encore plus réaliste ainsi.
Mais je ne suis pas d'accord pour dire qu'il n'y a aucune jouissance de cinéma: l'image et les reconstitutions de la vie paysanne sont sublimes, les acteurs sont parfaits, et il y a tout de même une intrigue qui nous tient... A cela s'ajoute la qualité de la réflexion critique que mène Haneke sur la violence dans les rapports humains, un thème récurent dans son œuvre. La dureté des rapports entre pères et enfants, la cruauté des enfants eux-mêmes n'est surement pas l'exclusive de la société rurale allemande d'avant guerre; c'est hélas une constante de l'humanité.
Les films de cette profondeur sont trop rares pour être boudés! Courrez voir le Ruban Blanc. C'est un film fascinant d'un bout à l'autre.
Par NicoMyers il y a 2 ans et 3 mois
vu en allemand, version originale
Le festival de Cannes 2009 restera probablement dans les annales pour ce qu’on appellera plus tard « l’Affaire Isabelle Huppert ». Telle Shoshana Dreyfus, elle accomplit sa vengeance implacable envers Quentin Tarantino et son film très réussi Inglourious Basterds, auquel elle ne cède qu’un prix d’interprétation masculine (pour l’inoubliable Christoph Waltz). Parallèlement, elle offre la mythique Palme d’or à un film presque « outsider », qui n’avait pas fait tant de bruit sur la croisette en comparaison par exemple avec un favori comme Le Prophète, Le Ruban blanc réalisé par son ami Michael Haneke, qui l’avait engagé (lui au moins !) dans La pianiste et Le temps du loup. Le film d’Haneke fut presque handicapé par la récompense : outrés par la dictature imposée par Huppert et ses sentiments personnels sur le jury, certains critiques et cinéphiles y virent un film mineur, décevant, en quelque sorte usurpateur. Or, il n’en est rien, et face à l’engouement des spectateurs français lors de sa sortie en salles (il grimpe à la deuxième place lors de son démarrage à Paris), il est peut-être utile d’affirmer la beauté et la singularité du Ruban blanc.
En effet, quand elle floue Tarantino et pistonne Haneke, Isabelle Huppert fait aussi un choix esthétique et critique. Effectivement, les deux films que ces cinéastes nous ont offert cette année tournent autour de thèmes communs, ceux de la violence, du nazisme et de la guerre, passés à la moulinette de leurs styles propres afin de livrer des œuvres particulières et novatrices. Le résultat : deux œuvres radicalement différentes et même opposées. Tarantino joue de la jouissance offerte par le spectacle de la violence et jongle avec la moralité du spectateur, Haneke crée son film comme une réponse à cela. Comme il le dit lui-même (entretien publié dans le Positif n°584), s’il a abordé le thème de la violence dans sa filmographie, c’est parce qu’il s’enrageait « de constater une augmentation de la consommation de la violence » - consommation de la violence attribuable, entre autres évidemment, au metteur en scène de Kill Bill et Pulp Fiction. Dans son Ruban blanc, Haneke expérimente la violence en ne la montrant quasiment jamais. A l’opposée de la violence explicite, gore et virtuose d’Inglourious Basterds, elle se fait ici sourde et menaçante. L’espace de 2h30, elle ombrage sur le quotidien des personnages et, pesant sur ce village allemand à la vieille des deux guerres (l’action se déroule en 1913), elle oppresse le spectateur. Par l’utilisation de voix-off, celle de l’instituteur du hameau, qui, aujourd’hui vieillard, évoque l’année pleine de mystère qui précéda la première guerre, Le Ruban blanc se présente immédiatement comme un polar, une enquête étrange et inquiétante, faite de silences et d’images troublantes : qui a fait chuter le docteur de son cheval ? Qui a maltraité le fils du baron ? Qui a détruit la récolte de choux ? Au final, le film, comme souvent chez Haneke, pose des questions sans y répondre, et l’intrigue se referme comme elle avait commencé, sur un long fondu au noir qui vient couper court à nos interrogations de manière inattendue.
Au-delà de l’intrigue, le nœud du film se joue dans l’enracinement du mal sur une génération, et par là le réalisateur tente de donner une tentative d’explication au futur déploiement du nazisme. Haneke souhaite présenter les ravages d’une éducation punitive et elle-même violente, qui mène à l’admiration aveugle des enfants pour leurs aînés. La banalisation de la violence et la déshumanisation n’est pas le fruit de la télévision ou des jeux vidéo, mais d’une idéologie (ici, la morale protestante) appliquée dans l’extrême, d’idéaux austères sermonnés par des parents irresponsables aux secrets honteux, allant de l’inceste à l’enfant illégitime et renié. Austérité parfaitement rendue par des lenteurs étouffantes et des scènes de violence morale extrêmement difficiles (le docteur insultant la sage-femme dont il est l’amant, la trouvant idiote, vieille et enlaidie ; le pasteur humiliant son fils parce qu’il se masturbe), accompagnées d’un noir et blanc magnifique et d’un parfait usage du numérique. La reconstitution, que ce soit par le biais des décors, des costumes, de l’apparence physique des acteurs et de la photographie, est irréprochable. On se rappellera particulièrement des scènes d’extérieur, présentant les champs enneigés ou l’ambiance champêtre lors de la promenade d’Eva et de l’instituteur. Enfin, notons l’interprétation des enfants, absolument sidérante.
Evidemment, le propos du Ruban blanc implique quelques longueurs, et les questions adressées au spectateur demandent une inhabituelle attention de sa part. Il devra apporter sa propre réflexion, à partir des quelques événements auquel il a assisté. Dès lors qu’on accepte ce parti pris de mystère laissé en suspens, le Ruban Blanc est un beau film, envoûtant et esthétiquement réussi, et dont le succès au box-office face à l’infâme Lucky Luke laisse espérer un regain d’intérêt des spectateurs pour la culture et le bon cinéma.
Par variation il y a 2 ans et 3 mois
vu en allemand
Esthétiquement parfait. Jeu très convaincant des enfants.
Par LucyInTheSky il y a 2 ans et 3 mois
vu en allemand, version originale
Dans sa Palme d'Or, Haneke filme le quotidien d'un village allemand du début du siècle dernier, structuré par des rituels rigoristes et étouffants. Des événements étranges et malveillants surviennent et toute la communauté s'interroge sur les coupables. Sous-titré « Une histoire allemande d’enfants », le film est à l'image de ce village : austère, pénible et oppressant. La morale de cette sorte de fable est louable : c'est une condamnation de l'éducation protestante de l'époque, autoritaire et violente, qui ne peut qu'engendrer frustration et mal-être chez les enfants qui deviendront à leur tour de petits monstres sadiques. Ou comment le paternalisme fabrique la barbarie en pervertissant des enfants innocents, en gros. En réalité, que ces enfants plutôt terrifiants soient les futurs adultes qui cautionneront ou participeront au régime nazi, on le sait en faisant le calcul dans sa tête, mais on a eu tort à mes yeux, d'insister trop là-dessus. Cette histoire de chronique des origines du nazisme n'est pas, ou si peu, dans le film.
Le ruban blanc a des qualités indéniables : certes, le noir et blanc est somptueux (mais de quel noir et blanc ne dit-on pas aujourd'hui qu'il est somptueux ?). Le film est impeccablement filmé, cadré, monté et les acteurs sont particulièrement remarquables. Mais c'est l'unité de ton de l'ensemble qui finit par déranger. Certaines scènes parviennent cependant à s'extirper de ce monolithe intransigeant qui constitue la majeure partie du film : un baiser échangé (certainement le maximum de ce qu'Haneke peut filmer en terme d'effusion autre que violente), une discussion touchante sur la mort entre un petit garçon et sa grande sœur... D'autres sont d'une cruauté quasi-insupportable, comme cette séquence bergmanienne en diable où le médecin crache toute sa haine et son dégoût au visage de sa maîtresse humiliée. L'existence de ces scènes très fortes et bouleversantes sauve le film de la monotonie généralisée.
Mais il y a au final très peu de vie dans ce Ruban blanc : aucun être humain auquel s'attacher et aucune jouissance de cinéma. Le film est davantage une construction mentale qu'une incarnation qui nous permettrait de vivre et de ressentir pleinement les questions soulevées par l'histoire qui nous est racontée. Presque aucun personnage ne trouve grâce aux yeux du cinéaste. Même l'instituteur, narrateur et protagoniste principal, est un benêt pas très attachant. On retrouve ici la manie de Haneke de regarder l'humanité (les personnages comme les spectateurs) de haut en lui refusant toute rédemption. L'idée majeure du Ruban blanc, c'est un peu celle, archi-rebattue, du village en apparence tranquille mais qui cache, derrière ses portes closes, des monstres pervers, violents, incestueux et j'en passe. Le film n'étant jamais réellement incarné, on est constamment tenu à distance du sujet qui est pourtant supposé être le cœur du film : l'identification, ou en tout cas la recherche, des origines du mal et de la violence.
Si le film est plutôt une chronique villageoise qui s'intéresse au mal ordinaire présent en tout lieu, son semblant de scénario s'agence autour de la résolution d'un mystère : qui est responsable de tous ces forfaits ? Tout dans la structure plus ou moins polar du film invitait à une résolution finale, or le mystère n'est jamais réellement élucidé. C'est à la fois prévisible, lourdement symbolique, et hypocrite. Haneke fait en effet semblant de ne pas donner de réponse, tout en pointant avec insistance dans la direction de la culpabilité des enfants, sans laquelle le film n'aurait tout simplement pas de sens. Le cinéaste se montre donc paradoxalement, et ce tout le long du film, lourd dans la suggestion : toute violence est nécessairement représentée hors champ (derrière la porte) censée être ainsi rendue encore plus insupportable (on ne voit pas le pasteur battre son fils, on entend simplement le fouet claquer...). Quant à la voix off, elle redouble inutilement l'image en annonçant sans cesse l'horreur à venir. Le ruban blanc reste un film intense et parfois passionnant, qui ne nous lâche pas pendant 2h30 (on y souffre du début à la fin !). À la fois pénible et fascinante, la Palme 2009 reflète bien les contradictions de son auteur, brillant donneur de leçon qui ne cesse de s'interroger sur la violence, ses origines, ses manifestations... et son épineuse représentation !
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