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Tontons flingueurs, Les

Alias: Crooks in Clover

Alias: Monsieur Gangster

Synopsis:

En mourant, un gangster confie ses affaires et sa fille à un ami.

source: mediafilm.ca
(tous droits réservés)

Films similaires:

Barbouzes, Les (Georges Lautner, 1964)
Monocle noir, Le (Georges Lautner, 1961)
Ne nous fâchons pas (Georges Lautner, 1966)
Excellent7 cotes (70,0%)
Très bon2 cotes (20,0%)
Bon1 cotes (10,0%)
Acceptable0 cotes (0,0%)
Moyen0 cotes (0,0%)
Pas bon0 cotes (0,0%)

Cotes et critiques

Critiques affichées: 1 à 10 sur 10 trouvée(s)

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9
15 avr
2011

Par Alligator il y a 9 mois et 3 semaines
vu en français
"Les tontons flingueurs" fait partie de ces films qui se parlent, qui se disent, qui s'écoutent et donc que l'on peut apprendre par cœur facilement, comme une récitation de notre enfance avec ce net avantage de contenir des gros mots. Il y a un plaisir transgressif là-dedans.

Grâce à la grosse verve déchainée de Michel Audiard, les dialogues offrent un festival de bons mots, de trouvailles comiques ou/et élégants, projetant harmonieusement la finesse de son auteur, comme sa grande culture ; on y convoque aussi bien les faits de l'actualité politique d'alors que de lointains évènements historiques.

Le génie poétique et l'humour acéré de Michel Audiard sont si formidablement percutants à cette époque que la plupart des répliques sont encore de nos jours connues et archiconnues. Un exemple parmi d'autres : abonné au "Canard enchainé", qu'est-ce que je lis cette semaine? Un article sur Eric Zemmour dans lequel l'auteur transforme la réplique "les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait" en un violent "Zemmour ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnait". Il n'a pas besoin de citer le film, ni Audiard, tout le monde voit la substitution et savoure la férocité du trait. Les tontons flingueurs sont entrés dans le langage courant. C'est à ce genre de choses qu'on reconnait un classique, un monument, non?

Français, le monument, forcément, "double" forcément.

D'une part, parce que les Français qu'on décrit tout le long du film sont une part de la France de ce temps-là, une pièce de comédies, de comportements, d'attitudes typiquement françaises (pas étonnant que la scène majeure, celle qui a marqué profondément les esprits, soit tournée dans une cuisine où les tontons pochetronnent d'allégresse) et le lien se fait d'autant plus avec le public français que la langue française d'Audiard est belle, d'une attirance comique, elle nous fait du gringue, elle drague, elle envoûte et ça marche.

D'autre part, le film peut beaucoup plus toucher les Français parce que cette langue est un joli mariage du français classique et de la baroque imagination métaphorique de l'argot.

Deux caractéristiques qui séduisent les Français, les relient à leur langue, à sa vie. On est là bien entendu dans une relation presque affective, qui a trait commun avec l'enfance, l'interdit, les gros mots, etc, sans doute mais également tout le bagage culturel que l'école nous inculque depuis le plus jeune âge.

La magie des tontons tient aussi pour une très large part à la créativité des comédiens, l'espèce d'emboitement on ne peut plus miraculeux que cette bande a su provoquer.

De tous ceux-là, j'ai envie de mettre en avant Bernard Blier qui se taille la part du lion avec un personnage comique haut en couleur, très hâbleur, une grande gueule qui se déballonne au contact de l'ennemi, dont la gouaille est la seule véritable arme dont il dispose tout le long du film. En effet, Raoul Volfoni en prend plein la tronche, cible idéale pour le poing impatient d'un Lino Ventura qui décidément n'aurait jamais dû quitter Montauban.

Ventura joue Ventura, des gros bras, des gros yeux, un gros estomac et une justesse de ton jamais démentie. Il le fait magnifiquement bien, ce large bourru.

Les tontons flingueurs paraitraient sûrement un peu fades s'ils ne comptaient en leur rang la verve et l’œil pétillants de Francis Blanche. Ce type était un bon vivant, certes peut-être trop, mais sans aucun doute il était un très grand acteur. Sa diction, son tempo parfaits, millimétrés. Son appétit de vie a peut-être biaisé sa filmographie avec un nombre impressionnant de navets et autres productions alimentaires à son actif mais que cela ne nous fasse pas oublier combien son talent était un délice à voir et écouter. Les tontons nous le rappellent à juste titre.

Enfin, dans les rôles de tout aussi moindre composition mais dont la qualité s'apprécie toujours, il ne faut pas omettre de signaler la prestation de Claude Rich. A l'époque, il était déjà un habitué des rôles de grands dégingandés, un peu extravagants, artistes, originaux, assez snobs comme ici, dont les tonalités vocales sont toujours aussi étonnantes entre le rauque, le cassé et des montées plus escarpées, dans les aigus, presque une voix de fou. Mais ne l'est-il pas, fou, justement? J'aime beaucoup ce type. Il est important.

Dans les personnages un peu moins sur l'affiche mais tout de même marquants, je placerais sur une deuxième ligne Jean Lefebvre, ici dans un des ses rôles plus effacés, où son air imbécile, son indécision, son suivisme bêlant se fondaient idéalement dans son long visage et ses traits flasques. Cet acteur a un goût de pomme, mais y a pas que de la pomme, y a de la poire aussi.

Sur cette fameuse seconde ligne je rangerais également Venantino Venantini, l'italien qu'on voit souvent dans les productions françaises et qui avec Mac Ronay forment là un couple de tueurs à principe, irrésistibles.

Enfin, il ne faudrait pas oublier Robert Dalban, une voix, une trogne, comme il s'en fait si peu dont la fausse aristocratie anglaise est aussi voyante que son blaire au milieu de la figure.

Ça nous fait une bien belle brochette de bon gars qui marinent ensemble et disent avec une merveilleuse agilité les mots d'Audiard.

Dans le tableau, la petite Sabine Sinjen semble sortie du nulle part et sa post-synchro gâche l'oreille.
Dans le même ordre d'idée, les conditions de la co-production européenne obligent Lautner à se fader un autre allemand, Horst Frank, bien rigide et guindé, mais dont le ton et le regard restent désespérément trop froids à mes yeux.

Pour finir sur la distribution, une petite mention pour Dominique Davray qu'on retrouve aussi bien chez Varda avec "Cléo de 5 à 7" ou dans des films de Louis de Funès, un parcours d'un hétéroclisme assumé.

Voici "Les tontons flingueurs" ouvrant avec le fracas des rires une superbe trilogie dont "Les barbouzes" et le coloré "Ne nous fâchons pas" forment les éléments à venir, une série qui pourrait se siroter avec quelques Suzes?

Cet usager remarque des similitudes avec:
Barbouzes, Les (Georges Lautner, 1964) Monocle noir, Le (Georges Lautner, 1961) Ne nous fâchons pas (Georges Lautner, 1966)

7.5
15 jan
2008

Par epsilon il y a 4 ans et 0 mois
vu en français
Des répliques cultes qui font que le film ne vieillit pas trop mal.

9
27 déc
2007

Par mordicus23 il y a 4 ans et 1 mois
vu en français

9
12 aoû
2007

Par Jean le spectateur il y a 4 ans et 5 mois
vu en français

9
12 aoû
2007

Par Korleone il y a 4 ans et 5 mois
vu en français, version restaurée
Je vais dire une banalité, mais une grosse partie de la qualité de ce film tient principalement aux dialogues de Michel Audiard. Ses répliques incisives et quelques fois décalées, contribuent à l'ambiance du film, qui est à la fois sérieuse, mais surtout tellement décalée et drôle pour un film de gangsters ! Tous les acteurs sont véritablement excellent, avec une mention spéciale à Bernard Blier et Francis Blanche, mais surtout à Lino Ventura dans un rôle de gangster sérieux/comique magistral.
Et puis, que dire de la musique et des effets sonores des armes à feu, connus par tout le monde, à telle point que même ceux n'ayant pas vus le film les connaissent.

8.5
12 mar
2006

Par pifa il y a 5 ans
vu en français
Audiard fait mouche à chaque tirade! Plus encore que sur le jeu de Ventura ou de Blier ou la réalisation de Lautner, c'est bien sur ce dialoguiste de génie que repose tout le succès du film.

8.5
28 jan
2006

Par Mouchman il y a 6 ans
vu en français

9
22 aoû
2005

Par bananezaza il y a 6 ans
vu en français

9
9 jan
2005

Par tintin31 il y a 7 ans
vu en français

9
15 nov
2003

Par Le Gambit d'Avalon il y a 8 ans
vu en français
Un autre joyau du cinéma comique français des sixties. Impossible de rester de marbre devant ces mimiques, ces répliques, ces confrontations...
Lautner, Audiard, le "tonton" de Montauban et ses acolytes casse la baraque.
Un succès public immédiat. Le succès critique n'interviendra que plus tard...

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