| Réalisateur: | Brian De Palma |
|---|---|
| Année: | 1976 |
| Acteurs: |
Piper Laurie |
| Genres: |
Drame |
Synopsis:
Victime d'une cruelle plaisanterie, une adolescente utilise ses dons de télékinésie pour une horrible vengeance.
source: mediafilm.ca
(tous droits réservés)
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Critiques affichées: 1 à 12 sur 31 trouvée(s)
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Par Milk_Lizard il y a 24 jours
vu en anglais, version originale
Par Alligator il y a 9 mois et 3 semaines
vu en anglais
Il y a sur ce film un phénomène à la fois comique et instructif que je m'empresse de vous narrer et qui par certains aspects illustre peut-être parfaitement les paradoxes et les débats que suscite le cinéma de Brian De Palma. Ma femme a adoré et moi aussi. Mais on n'a pas vu le même film. Elle a pleuré, j'ai ri. Peut-on faire lectures aussi éloignées d'un même objet? Cocasse, non? Et ce n'est pas sans distiller un certain charme à ce que propose De Palma, me semble-t-il. Par conséquent, il ne faut jamais oublier que ce que je vais bafouiller ici n'est qu'une estimation personnelle, uniquement ça.
Ce que j'ai beaucoup aimé dans ce film réside dans son caractère hautement jubilatoire. J'ai la très nette impression que De Palma s'est emparé du sujet de Stephen King avec l'intention de s'amuser. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il se fout de la gueule des personnages et encore moins du spectateur.
Après le visionnage, j'ai le souvenir d'avoir répété à plusieurs reprises le terme "grotesque" ce qui a eu le don de faire bondir ma chère et tendre. Je voudrais vraiment faire comprendre l'acception dans laquelle je plaçais ce vocable. Ce n'était en aucun cas dans un sens péjoratif mais plutôt quelque chose proche de la farce, un grossissement ludique, un peu moins forcé qu'une caricature, une bonne blague, une pochade entre bons camarades. Jack Sullivan évoquait le "baroque" de la mise en scène, terme sur lequel je poserais volontiers une idée de gravité qui me semble particulièrement étrangère à ce film-là.
Les allusions, les clins d’œil cinématographiques sont légion et appuient ce sentiment d'un rendez-vous amoureux, cinéphile à un spectacle où le divertissement est le premier objectif à atteindre. Et puis surtout, l'espèce d'outrance paroxystique, de climax pétaradant, rougeoyant d'un feu vif et d'un flot de sang dégoulinant que le final nous réserve en cascade (mention spéciale à l'orgasme létal de miss Laurie) corrobore cette sensation de pop-corn visuel.
J'ai bien entendu très souvent pensé à Hitchcock tant les plans typiques du maître foisonnent et par voie de conséquence à "Body double" et "Blow out", à Dargento et Bava aussi avec toutes ses couleurs vives, mais également sur la fin à "Creepshow" où déjà l'esprit ricanant de Stephen King s'étale joyeux et persifleur.
Sans doute que le pouvoir télékinésique de Carrie peut se rapprocher de l'esprit frappeur et farceur que De Palma veut utiliser pour entamer une étude presque sociologique de la jeunesse étudiante américaine, en complet décalage avec cette part d'Amérique qu'incarne la monstrueuse Piper Laurie, la religieuse, la sectaire, effrayée par le monde et ses modernités, horrifiée par le désir et le sexe.
La pauvre Carrie est victime d'abord de l'ostracisme tout aussi apeuré de certaines de ses camarades de classe puis du poids ancestral d'une religion qui associe la femme et sa sexualité à la culpabilité, au péché originel et donc à tous les malheurs du monde. Cette confrontation de la pseudo modernité et du fanatisme borné permet au film de raconter l'histoire de l'humain quand il sort de sa chrysalide. Carrie découvre ses menstruations et finit par crucifier sa mère.
Symbolisme forcené, convocations d'images religieuses, traits grossis à la loupe, grotesque des situations, mise en scène découpant le cadre ou ballet de marionnettes : le grand-guignol qu'agite De Palma dépeint un monde bien réel, néanmoins complètement fou, très américain, une véritable tristesse, une pauvreté, des souffrances qui n'ont rien de grotesque. C'est bel et bien la mise en scène qui l'est, à bon escient car le spectacle est formidablement coloré, d'un excès festif, inventif et d'une précision scénaristique tellement ébouriffante!
Ce que je retiens avant tout en effet, c'est cette écriture si bien maitrisée qui donne une lecture agréable, d'une fluidité incroyable, en somme d'une logique imparable! Voilà, ce mot est le plus propre à décrire tout ce que je ressens devant ce film : l'imparable, l'impossibilité d'échapper au récit, à sa logique, à sa maestria, ce qu'on retrouve souvent également chez Hitchcock.
Je ne vais pas faire la revue des acteurs car aucun ne rate le coche. Tous sans exception sont en parfaite harmonie avec l'équilibre du film, sa respiration. C'est vrai, ça, on trouve toujours quelqu'un qui ne nous a pas plu autant que les autres, habituellement, mais pas ici, sur ce point aussi le film dégage quelque chose d'irréel, une sorte de magie qui fait un bel effet.
Ah et puis je commence à trouver de plus en plus élégant et divertissant le procédé du split-screen afin d'obtenir une image nette sur toutes les profondeurs. Même s'il est un peu trop apparent sur les images vives du stade, cela reste quand même un truc assez plaisant.
Mon périple d'exploration au cœur du cinéma de Brian De Palma est toujours un voyage de plaisance tellement plein de joie et de jouissance visuelle. J'adore.
Par NicoMyers il y a 2 ans et 3 mois
vu en anglais, version originale
Bien qu'adaptant Stephen King, De Palma poursuit sa quête de style commencée avec Sisters. Le jeune réalisateur se permet toutes les expérimentations possibles, et son style est à l'apogée dans deux scènes phares du film : celle d'introduction et celle du bal, jouant d'ailleurs sur un effet de symétrie - les deux présentent en effet un fort contraste entre moment de délice puis celui de l'horreur. Il se donne à coeur joie de retrouver la photographie des giallos de Bava et Argento, notamment dans ces deux scènes où le sang y apparaît de manière théâtralisée. Ce style baroque (et barré - certaines scènes avec les étudiants rejoignent le ton de la comédie et l'aspect déjanté experimentés dans Phantom of the Paradise) est poussé à l'extrême grâce au personnage de Margaret White, fanatique religieuse, dont la maison est décorée de crucifix, bougies , idoles et autres fresques mexicaines, dans un style définitivement chargé. La maison elle-même ressemble à une église, avec ses trois fenêtres telles le père le fils et le saint esprit, de même que les trois ouvertures donnant sur la cuisine, semblables à des vitraux. Cet ajout fondamental par rapport au livre inscrit bien le film dans son époque, celle d'un désir de libération d'une génération - ici représenté de manière excessive. Les scènes de nu, mais aussi toutes celles à l'école, souvent kitsches, témoignent bien du côté seventies de Carrie. Mais le kitsche ne rebutera certainement pas le fan fidèle de De Palma, connaissant son goût pour la démesure. Alors en quoi Carrie présente-t-il des faiblesses ? Et bien tout simplement par son appellation fantastique. Comme dans Furie, où le fantastique baissait le niveau de cette belle histoire d'amour paternel, il apparaît comme peu crédible et finalement peu important : il pourrait même être supprimé du film ! En effet, le côté passionnant du film est dans la représentation des affres de l'adolescence difficile, du rejet de celui qui est différent. Or, la différence de Carrie tient presque plus à l'éducation dangereuse donnée par sa mère que par ses pouvoirs de télékinésie, dont personne ne s'aperçoit ou ne se moque. Ce pouvoir permet juste le dénouement - tragique. C'est aussi là, dans ce dénouement, que se cache une grosse faiblesse. Précipitées, mal venues, les scènes qui suivent la magnifique séquence du bal déçoivent un peu. Déception accentuée là encore par une scène finale presque venue d'ailleurs, un coup de théâtre horrifique de niveau B.
Par Tifany il y a 2 ans et 7 mois
vu en français
Par Mediafilm il y a 3 ans et 9 mois
vu en français
source: mediafilm.ca
(tous droits réservés)
Par LucyInTheSky il y a 3 ans et 11 mois
vu en anglais, version originale
Une des légendes du film horrifique. Carrie au bal du diable (on se demande parfois d’où ils sortent ces titres français…) déjoue à peu près toutes les attentes que l’on pourrait avoir à son sujet, sauf bien sûr si on a lu le roman de Stephen King dont il est adapté. Mise à part dans les vingt dernières minutes, apocalyptiques et flippantes au possible, l’horreur n’est pas explicite. Elle est partout, dans ce malaise adolescent que le cinéaste recrée à la perfection et porté à son paroxysme par le personnage de Carrie. De Palma en fait un portrait puissant : on la voit progressivement passer du drame quotidien et oppressant aux outrances sanglantes et incendiaires. Sissy Spacek fait exceptionnellement bien ressentir la souffrance enfouie du personnage, ses blessures inguérissables, son incapacité à vivre avec les autres. La cruauté du teen movie, dont tous les codes et personnages sont détournés, est à son plus haut niveau, en quelque sorte. L’horreur est là aussi, ainsi que dans le fanatisme religieux symbolisé par la mère de Carrie, pour laquelle le corps des femmes est la source du péché universel. L’autre aspect marquant du film est l’outrance déployée par De Palma dans une mise en scène enfiévrée, excessive, tourbillonnante. Split screen, ralentis, couleurs et lumières flamboyantes, tout y passe. Le cinéaste en rajoute parfois un peu dans le symbolisme facile mais de manière générale, sa folie sied au sujet. La musique vraiment inspirée de Pino Donaggio, en particulier, est brillamment utilisée. Du coup, malgré le côté quelque peu grand-guignolesque de la réalisation, Carrie n'a pas tant vieilli que cela et distille toujours sa dose d'horreur et de malaise, en s'évitant les rires "second degré" des spectateurs contemportains. Un beau film, intense et éprouvant. À noter la présence amusante du jeunot John Travolta, dans le rôle d’un gros dur très bête, avant même ses prestations dansantes dans les nanars qu’on connaît.
| Histoire / Déroulement | Très bon |
|---|---|
| Textes / Dialogues | Bon |
| Personnages / Intervenants | Bon |
| Interprétation / Acteurs | Excellent |
| Photographie / Dessins | Très bon |
| Caméra / Animation | Très bon |
| Musique / Chansons | Excellent |
| Montage / Rythme | Excellent |
Par Vent du nord il y a 4 ans et 6 mois
vu en français, version adaptée pour la télévision
Par Otto il y a 5 ans
vu en français
Par Piken il y a 5 ans
vu en anglais
Par Alexclo il y a 5 ans
vu en anglais
Brian DePalma est décidément l'un des cinéastes les plus remarquables de l'Histoire du cinéma américain. Si le film est basé sur le premier roman du prolifique Stephen King, il prévaut ici de préciser que le film «Carrie» est d'abord l'oeuvre de DePalma. Car, si le roman était intéressant, le récit du film est simplifié à l'excès et laisse tomber une série d'éléments essentiels à l'histoire de King.
Si l'on aborde le film strictement du point de vue du récit, on s'accorde tous pour dire que «Carrie» n'est rien d'autre qu'un petit film d'ado mêlant fantastique et horreur. Cependant, avec DePalma aux commandes, le récit perd en intérêt, se voyant remplacé plutôt par une mise en scène gargantuesque et un montage assez unique en son genre....
DePalma mêle ici à la fois ses références à Hitchcock et ses propres thématiques visuelles. Le plan-séquence initial du vestiaire, tourné au ralenti est retentissant. Mais c'est vraiment lors de la longue et inoubliable séquence du bal que DePalma étale son génie et crée un moment de cinéma qui restera dans les annales....
Du moment où Carrie et Tommy sont faits rois et reines du bal jusqu'au retour de Carrie à la maison, on assite à un déferlement de ralentis d'applaudissements interminables, à la réussite du coup du sang de cochon versé sur Carrie suivi de la colère monstrueuse de Carrie qui va mettre à feu et à sang toute la salle de bal. Cela est montré dans uns suite de split-screen, de kaléïdoscope, de changements dans la couleur de la lentille, etc...Tout cela dans un montage sonore complexe, où un mélange de bruits sourds, d'extraits musicaux de Bernard Herrman et j'en passe....
Bref, «Carrie» est un film qui bénéficie d'une mise en scène baroque et excentrique qui en met plein la vue, cherchant à justement à en mettre plein la vue.....
À voir absoulment...
En prime, un jeune John Travolta qui joue les mecs cools....ça lui va comme un gant....
Par bananezaza il y a 6 ans
vu en français
Par mab_888 il y a 6 ans
vu en anglais
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