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C'eravamo tanto amati

Alias: Nous nous sommes tant aimés

Alias: We All Loved Each Other So Much

Synopsis:

À venir...

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Cotes et critiques

Critiques affichées: 1 à 2 sur 2 trouvée(s)

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8
21 aoû
2011

Par Alligator il y a 5 mois et 3 semaines
vu en italien
Je m'en faisais une montagne de ce film. Un peu déçu par la médiocre qualité de cette VOD. M'enfin, c'est déjà miraculeux que SFR propose des classiques du cinéma italien : on ne va pas faire les bégueules, non?

Malgré une photo pleine d'écorchures, malgré une compression excessive, le scénario d'Age, Scarpelli et Scola fait progressivement son office, distillant cette fameuse poésie du désespoir, versant des larmes tantôt de joie, tantôt de mélancolie, qui fait la marque de la comédie italienne.

Et c'est vrai qu'à de très nombreuses reprises, avec ces personnages d'abord un peu loufoques par instants, se détachent quelques preuves d'éternité, avec une grâce et une sensibilité profonde. La finesse de leurs traits en plein contraste avec la situation ou un gag qui précédait éclaire bien souvent le film d'une lumière très particulière, émouvante, densément humaine.

La structure de la narration est peu commune pour le cinéma, avec des apartés théâtraux qui peut-être relient encore plus les personnages à la commedia dell'arte. Ma piètre culture en ce domaine empêche tout catégorisation de ma part. En tout cas, j'y ai pensé.

L'écriture ciselée est si belle qu'elle donne aux personnages une épaisseur de plus en plus sensible au fur et à mesure que l'histoire se développe. D'abord, elle s'installe, incertaine comme peuvent l'être les jeunes âges, place ses repères sur un ton proche de la farce ou du vaudeville, puis bifurque pour résolument dessiner la complexité de vies façonnées par les aléas. Progressivement, le film est devenu une grande fresque où les existences compliquées des personnages s'abîment, se cabossent, se heurtant à des sentiments qui varient selon le parcours de chacun. Les couples se forment, se déchirent, se retrouvent, au gré des évènements intimes. Les fronts prennent des rides quand les cheveux blanchissent et que les regards se font plus sages et parfois plus amers.

Ici le talent des comédiens devient pierre d'achoppement d'un édifice en apparence fragile, en équilibre sur un fil invisible et ténu. D'autant qu'à cette aventure des sentiments se mêle la vision politique corrosive et tendre sur toute une époque, celle des désillusions post soixante-huitardes, la triste pirouette que certains protagonistes peuvent quelques fois accomplir pour de basses raisons pécuniaires.

En effet, Vittorio Gassman, jeune avocat, plein de fougue et de principes, se laisse avec l'âge et l'opportunité gagner par l'ambition et manger par le grand capital (merveilleux Aldo Fabrizi et pauvre Giovanna Ralli), s'oubliant lui même, perdant amis et amours. Le regard sévère et blessé de cet acteur est comme souvent bouleversant de vérité. Il est tout bêtement génial. Comme d'hab.

Si l'œil peut se révéler perçant et incisif, il n'en démontre pas moins une acuité cinéphilique toute affectueuse pour le septième art. Hymne à l'amour du cinéma, le film regorge de références déférentes pour De Sica (à qui il est dédié), pour "Le cuirassé de Potemkine" et son montage savant, ou encore pour Renoir, Antonioni, Resnais ainsi que pour Fellini qui fait même une apparition remarquée avec Marcello Mastroianni. Caméos rigolards, souriants, joyeux. L'amour, l'admiration, l'amitié.

Ce film sur la vie, ses désillusions, ses virages, ses ascensions et dépressions fait graviter ses hommes autour d'une femme (Stefania Sandrelli) dans une sorte de course folle mais tellement naturelle et ordinaire, tellement évidente que l'exubérance, l'humour et la souffrance se mêlent et forment un joli poème, beau et tendre, amer et sucré, comme la vie, en somme! "La vie est une comédie italienne. Buena sera, signore, signori. La vie est une comédie italienne. Tu ris, tu pleures, tu pleures, tu ris, tu vis, tu meurs, tu meurs, tu vis. Comediante. Tragediante. C'est ça , c'est ça , la vie" (Guy Bedos).

8.5
8 sep
2005

Par Korleone il y a 6 ans
vu en italien, version originale
Nous nous sommes tant aimés est ce que l'on peut appeller un film de Cinéma. Un film qui s'assume en tant que tel. Ce n'est pas une réalité, ni même une fiction, c'est du cinéma !
Dès le début, Scola nous montre 3 fois la même séquence, mais à chaque fois avec le point de vue d'un autre personnage, on comprend ainsi que tout est question d'interprétation, de regards, de points de vue. Comme dans les Woody Allen, le comédien se fait parfois narrateur, parlant directement au public dans des sortes d'apartés. D'autre fois, des moyens sont utilisés pour définir la pensée d'un personnage. On joue d'effets de montage, de couleurs...

Bref, du pur cinéma. Et c'est un véritable hommage au cinéma que rend ce film : Qu'on évoque Visconti, l'Eclipse d'Antonioni, Le Voleur de Bicyclette de DeSica (à qui le film est dédié), où qu'on refasse entièrement la fameuse scène de la Fontaine de Trévi de la Dolce Vita, avec dans leurs propres rôles Fellini et Mastroianni en personne !
Je dis Chapeau pour cet hymne au cinéma !

Mais au-delà de l'esthétisme, Scola signe une comédie, à la fois humaine et satirique dans la veine de ce qui était fait en Italie dans les années 60, autour de 3 jeunes hommes qui se sont connus durant la guerre, et que l'on suit tout au long de leurs vies, tour a tour séduit par une même femme, qui un coup les sépare, un coup les unis. L'interprétation est excellente, spécialement Vittorio Gassman, et Stefania Sandrelli.

Ils voulaient changer le monde, mais c'est le monde qui les a changés. Tout est terminé, pas d'avenir, ni de passé. Reste le Cinéma...

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