| Réalisateur: | Arthur Penn |
|---|---|
| Année: | 1966 |
| Acteurs: |
Marlon Brando |
| Genres: | Drame |
| Excellent | ![]() |
| Très bon | ![]() |
| Bon | ![]() |
| Acceptable | ![]() |
| Moyen | ![]() |
| Pas bon | ![]() |
Critiques affichées: 1 à 4 sur 4 trouvée(s)
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Par JM2L il y a 2 ans et 11 mois
vu en anglais, version originale
Portrait d'une petite bourgade texane dont la violence tient non seulement à une connaissance parfaite de cette Amérique (en l'occurence, celle du Sud et du Texas), où un village peut être acheté par un seul homme et la culture ramenée à la tournée des bars le samedi soir mais aussi à une savante orchestration, crescendo qui à partir d'une erreur presque anodine augmente en tension proportionnellement à la disparition de la loi et de la morale au profit de la vengeance individuelle, de la stupidité, du racisme et autres déviances et défiances vis à vis de l'autorité d'état (défiance partagée par le fuyard comme par les chasseurs). Tout cela se développant sur fond de port d'armes et de libération sexuelle, le mélange résultant est aussi précis dramatiquement que détonnant...
The Chase est donc un film vitriol, crépusculaire, puisant ses ressorts tragiques sur les tares d'une société en majorité imbue d'elle-même et dont le désir principal est de voir son âme un peu plus noircie encore par les fumées de l'essence et du pétrole.
Penn avait prévenu, The Chase prévient encore... car cette Amérique provinciale et sudiste a-t-elle changé?
Un Marlon Brando au sommet de son art, dont on sent souvent qu'il invente une foule de petits détails de jeu qui vont dans le sens de l'intelligence du film et de sa dramaturgie.
Avec moins de parti pris moral, des personnages plus nuancés et des dialogues plus résonnants, le film pouvait-il atteindre des sommets shakespeariens? Probablement, mais on touche presque à la fin à ce sentiment tragique... et l'unité de temps, d'action, sa marche folle et le taux d'alcoolémie assument très bien cette bipolarité, durcissement tragique, circonstanciel et exponentiel des traits plutôt que charge moralisatrice voire manichéenne.
Le début souffre effectivement de quelques problèmes de montage (voir, par exemple, lorsque Bubber est dans la rivière et s'aggrippe à des branches!! ce n'est certainement pas Penn qui a aligné tant de raccords inutiles...)
Par mab_888 il y a 4 ans et 6 mois
vu en anglais
Par Vince il y a 4 ans et 6 mois
vu en anglais, version originale
Qu'est-ce que ce film aurait pu être si Sam Spiegel, le producteur, avait laissé Arthur Penn toute la liberté artistique dont il avait besoin. Effectivement, Penn s'est vu refuser le montage du film, et c'est vraiment le rythme qui est un problème pour ce film. À cause de cela, la première heure est difficile à suivre, le film remonte et redescent sans qu'on sache où tout ça s'en va. Quand on sait ce qu'a fait Penn comme travail de montage sur Bonnie & Clyde, il est regrettable de voir ainsi un film qui parrait bâtlé au final. Penn voulait un montage qui suggèrait l'hystérie, mais on a droit finalement à un montage beaucoup trop classique qui empêche le film de vraiment décollé dès le début.
Donc la mise en place de toutes les personnages m'a parru assez longue, malgré que les thèmes sociaux sont intéressants. Penn est un expert pour filmer des personnages caricaturales, mais qui ont l'air réel. Il a tout un talent pour diriger les acteurs et ça sauve souvent la scène qui aurait été autrement assez ordinaire.
Cela dit, le troisième acte est assez réussit et le tout devient véritablement passionant. Comme le dit si bien Alligator, The Chase est un film coup de poing où personne n'est épargné. On sent un certain climat d'anarchie et la grande beauté des États-Unis en prend pour son rhume. Il faut dire que le film est réalisé après l'assassinat de John F. Kennedy et le développement de l'histoire en fait un certain parrallèle.
Oui, je suis prêt à le dire, les films de Penn vieillissent un peu mal, parce qu'ils sont fortement ancrés dans leur époque.
Selon Penn, les meilleures scènes de Marlon Brando ont été coupé au montage. Il est vrai que ce n'est pas vraiment un de ses rôles marquants, mais Brando n'est jamais mauvais et il habite habilement son personnage. Mais comme dit plus haut, Penn est un formidable directeur d'acteur et il sait obtenir les meilleurs nuances de ceux-ci.
D'après-vous, un happy-ending à la fin ?
En bout de ligne, nous avons un film frustrant, car très imparfait au niveau de sa forme, mais qui est très riche au niveau des thèmes. Le titre du film est assez poche finalement, on veut nous vendre un gros film de poursuite, il n'en est rien. On a plutôt droit à une brillante étude sociale.
Par Alligator il y a 5 ans
vu en anglais
Film d'une puissance insoupçonnée pour ma part. Je ne m'attendais pas à ce coup de poing au ventre. Penn dresse là le portrait d'une humanité décadante. Sur le mode de la tragédie, il livre un spectacle violent, oppressant des diverses tares humaines. Tout y passe. Le racisme, le sexisme, la couardise, l'envie, la jalousie, tous les défauts de la terre se révèlent à l'aulne de la présence attendue avec inquiétude du fameux Bubber. Ce mauvais fils s'est évadé et rentre dans son pays natal mettant toute la ville en ébullition. La poursuite est en trompe l'oeil le miroir exacerbant de la société. Tous ont quelques choses à cacher. La mère se maudit d'avoir un fils indigne et culpabilise, le traitre qui chie dans son froc à l'idée de payer tribu, le père honni de la plèbe se détache de son fils trop couvé, les couples adultères qui se déchirent, les samedis soirs alcooliques qui déshinibent jusqu'aux déchaînements de haine et de violence. Penn ne fait aucune concession et nous montre toute cette pesante réalité. Seul Brando, témoin privilégié de ces disfonctionnements puisqu'il est le shérif nouvellement débarqué, va se trouver au milieu de la cohue. A son corps défendant. Là encore, Penn ne nous épargne rien.
La violence engendre la violence. Finalement, voilà aussi un film très moralisateur.
Mais la manière à la fois réaliste et esthétique de mettre en scène et de filmer que Penn honore tout le long du film est la garantie pour le spectateur de rester scotché. Magistral.
De même que l'interprétation de Brando qui troue le popotin par sa prestance magique. J'ai particulièrement apprécié celle de Jane Fonda, tout en force et charme à la fois.
Quant à la musique de John Barry elle accompagne magnifiquement l'action. Il n'y a qu'à voir le sublime générique du début pour être aussitôt embarqué par la beauté piégeuse du film. Car en aucune façon, Penn n'esthétise la violence qu'il filme. C'est en cela aussi que son réalisme étonne. Il ne semble pas trop prendre parti sauf peut-être en faisant de Brando son seul et unique héros. Mais pour le résultat que l'on sait. Ce n'est pas spoilier que de dire que personne ne sort indemne de cette soirée. Tous les personnages perdent quelque chose. La vie, leurs illusions, leur proche, leur liberté. Une tragédie. Le genre de film que je n'ai pas envie de voir et revoir. Un film qui dérange. Mais qui vaut la peine. Une ancre de sens. Peut-être que le bémol vient justement de ce sens. Je veux dire que peut-être que Penn enfonce quelque part des portes ouvertes. Mais il est vrai que le film n'a plus la même portée qu'il pouvait avoir à cette époque.
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