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Plaisir, Le

alias : House of Pleasure
alias : Pleasure
 

Détails IMDB

Tous 9.30/10 (5)

Année : 1952

Ce film est classé dans 0% des Top 10
0/216

Suggestions automatisées

Réalisateur : Max Ophüls
Genres : Drame
Comédie
Acteurs : Daniel Gélin
Pierre Brasseur
Danielle Darrieux
Jean Gabin

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Ronde, La (Max Ophüls,1950) 
Critiques des usagers

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Critique(s) 1 à 5 sur 5 trouvée(s)

Zi : 8.5/10
pour la version vue en français
(2009-02-13 : il y a 1 ans)
_______________

Je ne semble avoir approuvé le même « plaisir » que Knight, Alli et Jean et ce n’est évident pas la technique irréprochable d’Ophüls.

J’ai profondément apprécié ces trois histoires, particulièrement la 2e je dirais, mais on parle bien de film ici et j’espérais peut-être un lien quelconque entre ces histoires outre que le sujet du film. Les trois histoires sont tout de même excellentes et partage des sentiments complètement différents. En écrivant ces lignes, j’en ai d’excellents souvenirs.

Le son est effectivement dérangeant et en plus j’écoutais sur une vieille copie VHS.

Il manque d’ampleur à mon avis pour que j’y mette plus de 8.5, mais j’ai passé un excellent moment.

Jean le spectateur : 9.5/10
pour la version vue en français
(2009-02-06 : il y a 1 ans)
_______________

Une oeuvre puissante, charnelle et littéraire qui fait beaucoup de bien. Au plan technique, Ophüls fait preuve d'une virtuosité qui donne au film grâce et richesse. Notamment, la caméra, si agile, en suspension, enchaînant les plans séquences comme s'il s'agissait de gestes dansés au bal (et puis, c'est là l'art de filmer une maison close les volets grand' ouvert). La photographie fait très 19ème, au sens où elle évoque une tradition picturale qui télescope Manet, Monet, Cézanne ou Van Gogh - et en noir et blanc! Enfin, il faut souligner la richesse des dialogues, et particulièrement la verve du narrateur, ce qui, on le suppose, est à rendre à Maupassant.

Ce qui touche aussi, c'est ce puissant fantasme d'une France légère où le plaisir serait affaire commune, affaire courante, et art de vivre. En plein mois de février, je dois dire que c'est touchant.



Mediafilm : 9/10
pour la version vue en français
(2009-01-18 : il y a 1 ans)

source: mediafilm.ca
(tous droits réservés)


Knight : 9.5/10
pour la version restaurée vue en français
(2009-01-05 : il y a 1 ans)
_______________

C'est ma première expérience avec le cinéma de Max Ophüls et inutile de dire que j'ai été absolument époustouflé.

D'abord stupéfait par ces mouvements de caméra virtuoses, dans les plus savants que j'ai pu admirés. La caméra se promène littéralement au travers des murs, voyageant d'une pièce à l'autre de ces luxueux décors, qui n'en n'ont pas l'air. Le cinéaste adore révéler l'action à l'aide de complexes plan-séquences, toutefois jamais gratuitement. Sa caméra devient un autre personnage, exposant un point de vue narratif qui procure inconsciemment une émotion au spectateur. (voir les images du bordel, toujours filmées de l'extérieur.)

Et comme si l'éblouissante composition visuelle n'offrait pas assez d'excitation, c'est au tour de l'étonnant scénario - tiré d'histoires de Guy de Maupassant - de déployer ses ailes. Trois histoires qui engendreront des sentiments différents, toujours en lien avec le plaisir. Poétique, romantique et exalté, voilà comment je caractériserais l'univers des contes qui se dessinent devant nos yeux. J'ai été tout de suite étonné par l'humour du narrateur omniprésent, lui qui ramène épisodiquement le spectateur à son statut de simple observateur. Une espèce de mise-en-abime qui nous rappelle qu'on est au cinéma.

La seule lacune - et je suis injuste de la souligner - c'est la piètre qualité sonore de l'œuvre en matière de dialogues. Même la splendide édition Criterion n'a pas réussi à accentuer la clarté des dialogues, parfois durs à comprendre dans les moments festifs du film. Les sous-titres m'ont servi à quelques endroits. Ceci dit, ça n'enlève strictement rien à ce film formidable (si ce n'est qu'un .5 dans ma cote.)

À voir à tout prix, plaisir garanti!

Alligator : 10/10
pour la version vue en français
(2005-03-23 : il y a 5 ans)
_______________

Je ne connaissais pas Ophuls : je suis sur le popotin! Je connaissais par contre les trois nouvelles de Maupassant dont le cinéaste nous propose ici les adaptations.
J'avais bien entendu parler de la qualité de ce réalisateur mais évidemment que je ne pouvais en mesure l'étendue qu'en visionnant un de ses films. Celui est plus que remarquable.

On est en 1952, mais on est cinématographiquement bien en avance sur ce temps : la caméra est en perpétuelle recherche de mouvements, de cadrages les plus sophistiqués et les plus rieurs en même temps. Entendez par là que quand on aperçoit la tête de Gabin dans le champ de blé quand il présente ses excuses à Mme Rosa (Danielle Darrieux), on voit les lignes naturelles brisées, on imagine bien quelqu'un faisant table rase des épis trop longs et qui cachent la tête pas encore désenivrée du menuisier!
Et la gaieté, la joie qui respirent tout le long des saynètes semblent comme accompagnées par ces petites caresses du cinéaste, de sa mise en image chaleureuse et follement féconde!
De même ces longs travelling, qui suivent toujours et toujours les personnages, le long du chemin de fer par ex. les spectateurs ne veulent pas non plus que les dames de Mme Tellier s'en aillent, ils sont avec le menuisier qui court.

On est en 1952 mais on est surtout au beau milieu du XIXe siècle avec les personnages.

La caméra décolle du sol et monte quatre à quatre les escaliers de la maison Tellier et nous fait découvrir chacun, par l'interstice des stores vénitiens, ajustés au visage et aux gestes de tous! Pas une seule escarbille dans l'oeil du spectateur! Une oeuvre magistrale.

Et l'on est déjà abasourdi par la première scène, cette envie, cette folie qui court, qui danse, qui chahute et l'on suit avec cette caméra toujours virevoltant de droite à gauche, de haut en bas, les circonvolutions de cet homme masqué qui se révèle être un vieillard qui ne veut pas se laisser vieillir.
On le suit dans les plans inclinés qui accompagent sa montée des marches clodiquante jusqu'à sa vieille demeure.

Que dire de ces notables qui devant la maison close au sens propre s'en vont tristement dans la brume et sous des éclairages savamment doux regarder la mer et la lune... et dire : "c'est beau la nuit...
pffff... un samedi!"

Oui parce que ce film n'est pas seulement un chef d'oeuvre de maitrise technique, il est une magnifique adaptation de Maupassant, il est Maupassant! Il l'est avec le maraud qui tente d'abuser des dames dans le wagon et s'en voit expulser manu-militari par les donzelles, prostituées... mais pas putes! Des prostituées comme il faut! Peit coucou en partant d'un vieil homme rabroué aussitôt par sa femme : ce film respire le bon air chaud de l'été, la liesse de casser le quotidien, du voyage.

La voix-off n'a pas besoin de nous rappeler que le vent souffle sur les blés, on le voit, on la sent l'odeur chaude des chaumes, on entend le vent dans les peupliers, on les écoute les oiseaux.

De la même manière on n'a pas de mal à comprendre que ces dames ne trouvent pas le sommeil : "qu'est-ce que tu écoutes?
- Ce silence me casse les oreilles!"

On continue, on passe tout le film avec les personnages, on compatit, comme elles nous pleurons à l'Eglise devant la Grace tombée en l'instant, nous sommes les autres gens de l'Eglise qui pleurent en les voyant en larmes, nous sommes le curé qui monte en chair et dit "Mes enfants, c'est le plus beau jour de ma vie!" Pas besoin d'être croyant pour être envouté par cette communion!

Jusqu'à la fin nous suivont les personnages. Même la jeune fille qui se défenestre, nous la suivons, nous tombons dans la véranda, comme nous l'avons suivi dans l'escalier, avec son ombre sur les marches, son bras qui ouvre la fenêtre!

Bordel à queue! Quelle invention! Quel génie de la mise en image! Quelle adresse! Quelle maestria chez Ophuls! J'aime! J'en ai encore des frissons!

Critique(s) 1 à 5 sur 5 trouvée(s)

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