| Réalisateur: | Francesco Rosi |
|---|---|
| Année: | 1979 |
| Acteurs: |
Gian Maria Volonté |
| Genres: | Drame |
Synopsis:
À venir...
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Par JM2L il y a 2 ans et 9 mois
vu en italien, version originale
Non pas un no man's land mais une terre sur laquelle la civilisation n'a pas prise, ne peut être greffée. Rosi et Levi nous introduisent dans cette retraite du monde connu à la faveur de la mise en résidence surveillée d'un intellectuel peintre, écrivain et médecin sous l'Italie fasciste (celle de l'auteur lui-même).
L'introduction se fait de changement de véhicule en changement de paysages, lentement tranquillement déjà, au rythme de l'esprit apaisé et curieux de Levi.
Un chien déjà s'est attaché à lui, signe de l'attraction tranquille et de la confiance qu'inspire l'homme.
La sensation de bout du monde se fait par la raréfaction du vert, de routes carrossables à la faveur de l'apparition de paysages lunaires et de paysans osseux et fermés, à la multiplication d'animaux domestiques habitants comme hommes femmes enfants. Rosi filme à merveille les uns et les autres en un seul souffle passant des visages burinés des uns aux ravins des autres.
Au village enfin, rues étroites et escarpées, puis petit à petit le portrait se précise par des invidividus remarquables... autres assignés à résidence, curé, notables fascistes, etc... et surtout les autochtones.
Au gré des promenades curieuses de Levi et par le biais de la médecine que les circonstances vont l'obliger à exercer, des rapports se tissent entre cet intellectuel cultivé venu du Nord "civilisé" et ces paysans bourrés de superstitions et dont la représentation du monde est encore toute magique, habitée d'esprits de toutes sortes. Des liens aussi magiques que la vision du monde des uns, aussi purs que la haute culture de l'autre.
L'humanité confondante du film tient dans ces rapports, où sans qu'aucune des parties ne renoncent à ses convictions, un dialogue s'installe et par-dessus tout une écoute.
La remarque vaudrait presque pour les rapports avec le podestat, remarquable dialogue mais ici plutôt de sourds, de langue de bois bien qu'emprunte de respect dont se régale l'auteur sans aucune indignation, comme un arbre bien planté laisse passer l'orage et s'en amuse même, lui pointe ses contradictions poliment.
Rosi a su capter parfaitement comment le paysage et les conditions semblent dicter leurs lois et 'Le Christ' s'est laissé contaminer par un rythme qui permet ces relations privilégies non polluées par le temps hâté de la civilisation. Choisissant quelques acteurs professionnels, mais de ceux capables de jouer avec les habitants, il nous invite à cette expérience extraordinaire d'une vie autre, d'un autre monde possible qu'il soit désirable ou non, dont nous sortons élargis et éblouis comme la mémoire et la palette de l'auteur en témoigne.
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