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Life and Death of Colonel Blimp, The

alias : Colonel Blimp, Le
alias : Adventures of Colonel Blimp, The
 

Détails IMDB

Tous 9.25/10 (2)

Année : 1943

Ce film est classé dans 0.5% des Top 10
1/216

Réalisateur : Michael Powell
Emeric Pressburger
Genres : Romantique
Drame
Guerre
Acteurs : Roger Livesey
Deborah Kerr
Anton Walbrook
Ursula Jeans

Critiques des usagers

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Critique(s) 1 à 2 sur 2 trouvée(s)

JM2L : 9/10
pour la version originale vue en anglais
(2009-02-24 : il y a 1 ans)
_______________

De son style divertissant et savoureux d'humour britannique, le film sort petit à petit, et en avançant, vieillissant avec l'Histoire du siècle et avec son personnage central se trouve des tons plus nobles ou plus graves, retrouve parfois la grandeur du Renoir de la Grande Illusion, sans jamais se départir d'une intelligence dramatique (duel musical avant duel, une merveille de transition temporelle à la moitié du film, etc...) et d'une vision historique très affutée, dégagée de toute propagande.

Alligator : 9.5/10
pour la version vue en anglais
(2007-06-18 : il y a 3 ans)
_______________

C'est ce qu'on appelle une claque?
Sans doute, de celles qu'on reçoit en découvrant un acteur. Pour ma part, ce Livesey était un inconnu. Et force est de constater avec émoi qu'il est un bougre de sacré bon acteur. Il porte littéralement le film grâce à une interprétation sans faille, insufflant à un personnage plutôt pataud, plutôt alourdi par une conception du monde arriérée, arrêtée, aveuglée, une once de poésie et de finesse. Longtemps engoncé dans un aveuglement égocentrique et dans une posture faussement honorable, le colonel laisse son armure se craqueler et accepte ses échecs, donnant à son existence et à ses erreurs une profonde humanité.
Faisant face à son passé, le vieil homme trouve la capacité de faire face à ses failles. La destinée de cet homme, son parcours construit sur un acharnement à vaincre et une enchaînement de fautes et d'erreurs lui collant la défaite à la chaussure creuse le sillon d'une dramatique existence. Et pourtant, tel un Lubitsch (on pense à Heaven can wait), Pressburger instille dans son scénario une grande et belle dose d'humour, de légéreté et d'ironie. Pourtant, tout invite au pathos. Le scénario échappe heureusement au mélodrame, sautant de joyeuseté en finesse d'esprit, tout en servant au spectateur la beauté de scènes emplies d'émotion hautement et justement mises en scène (le long et poignant monologue d'Anton Walbrook est à ce sujet mémorable).
Ce qui frappe également c'est l'incroyable lucidité des auteurs quant au déroulement et à la responsabilité des vainqueurs de la première guerre mondiale dans la montée des fascismes. Pas étonnant que Churchill ait essayé de censurer ce film. Loin d'être antimilitariste, le film fustige l'inertie d'avant guerre, la naïveté des pacifistes devant l'horreur et la duplicité des nazis. Mais pour ce faire, le bâton blesse l'aura de l'armée britannique, son archaïsme, ce qui ne pouvait être du goût des autorités à l'heure où Londres subissait les pertes des bombardements allemands.
Du couple Powell et Pressburger, je n'ai vu que deux autres films, un plutôt médiocre, sur la bataille du Rio de la Plata, et une autre claque, visuelle cette fois, Le Narcisse noir. Ici, c'est la fable sur les faiblesses humaines, l'inexorable déchirement générationnel et l'irresponsable orgueil de ceux qui se croient puissants à changer le monde d'abord, puis à le diriger selon ses propres règles, trop lourdement établies. Le sempiternel mouvement vers l'immobilisme. Le temps qui passe. Comme cette feuille sur la citerne à la fin du film. Le colonel se remémore la promesse qu'il a faite à sa femme, ne jamais changer. Promesse à double tranchant. Promesse de l'égo, promesse de l'amour, qui enlise le coeur comme l'homme. Qui schlérose l'âme, le comportement. Jusque dans ces acceptions, le colonel se sera trompé, aura tout mélanger, n'aura rien compris à la vie. Malgré sa bêtise, le personnage est adorable. Peut-être que c'est justement cette imbécilité qui le rend touchant.
Cette fresque m'aura ébloui de bout en bout, par son esprit volontiers railleur, tout en humour britannique, tout en finesse chafouine et par l'attendrissant portrait d'un homme trop sûr de lui, en faillite mais toujours fidèle à son amour, d'un romantisme bouleversant.
Du très grand cinéma. Magique.

Critique(s) 1 à 2 sur 2 trouvée(s)

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